Politique : Révision de la loi électorale : La majorité contre la majorité.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 

L'honorable député Me Lumeya Dhu Malegi de l'opposition.

 

Une proposition de loi venant d’un député de la majorité a été rejetée par 236 voix contre, 23 voix pour et 12 abstentions, à la suite d’une motion incidentielle de l’opposant Lumeya.

 

La proposition de révision de la loi électorale a été recalée. C’est une première qui intervient à la dernière ligne droite de la fin de cette première législature de la troisième République. Jamais une loi venant de la majorité n’avait reçu un tel traitement à la suite de la motion de l’opposition. C’est la preuve que dans cet hémicycle, on est loin d’être des moutons de panurge. La majorité n’a pas à en rougir. Bien au contraire. Elle a démontré aux yeux de l’opinion que lorsque les choses sont aussi claires comme l’eau de roche, elles permettent l’expression de l’intérêt supérieur de la Nation. C’est ainsi que tout esprit libre comprend ce qui est arrivé hier lundi 11 avril 2011.

 

La question que l’on peut se poser, c’est celle de savoir comment le Pprd, parti dont est issu l’auteur de la proposition de loi ne s’est-il pas rendu compte de cette bourde. En effet, tout le monde attendait la révision de la loi électorale. La première raison de la révision de la loi électorale, c’est qu’elle est la conséquence de la révision de la Constitution sur quelques-unes de ses dispositions. De ce point de vue, la révision de la loi électorale réunissait l’unanimité.

 

L’occasion faisant le larron, il était normal que certaines autres dispositions de cette loi soient également proposées à la revisitation. Il allait de soi que de l’avis de tous, c’est une révision de la loi et non une élaboration d’une nouvelle loi. Que le député Tunda ait pris l’initiative de cette révision, comme cela se passe dans certaines autres questions d’importance politique capitale, il méritait l’encadrement de son parti politique d’abord et ensuite celui de toute la majorité. Il était question de s’assurer que la proposition de loi qui sera soumise à la chambre basse reflète la philosophie de la majorité qui sera appelée à la soutenir. On ne sait pas comment les choses se sont-elles passées. On est loin de penser que l’auteur de la proposition s’était lancé en solitaire dans cette affaire. Même si tel était le cas, ce qui ne ressemble pas à l’auteur de la proposition, on peut s’interroger pour quelle raison son parti politique ne s’est nullement intéressé à cela.

 

Dans le cas où le parti politique aurait réellement jeté un coup d’œil sur cette proposition, la question que l’on se poserait est de savoir pour quelle raison a-t-il laissé faire les choses jusqu’à cette motion incidentielle - sauf si on manquerait d’honneur - est un vrai camouflet contre le parti. C’est pour la première fois que cela arrive au Pprd. A-t-on été distrait, complaisant ? A-t-on compté sur un certain esprit moutonnier pour voir cette proposition de loi passer comme une lettre à la poste ? Pour beaucoup d’observateurs, cette révision a été préparée dans une sorte d’arrogance qui en fait témoigne d’un certain mépris vis-à-vis des partenaires de la majorité. Ces derniers doivent avoir choisi le moment de démontrer que l’on ne doit pas les considérer comme de simples faire-valoir. Les résultats de vote l’ont démontré. On a eu 236 voix contre, 23 pour et 12 abstentions.

 

Comment comprendre ces résultats sinon comme un cinglant désaveu ? Même les membres du Pprd doivent avoir voté contre. Que dire des autres membres de la majorité ? Ces résultats traduisent un certain état d’esprit. Une certaine désorganisation. Par conséquent, comme on dit, à quelque chose, malheur est bon. Ce camouflet permet de mettre à nu un certain dysfonctionnement. Puisqu’il arrive que la cruche se casse à l’entrée de la maison, il était temps que la majorité comprenne qu’on n’est plus, surtout lorsqu’il s’agit de questions d’importance, à l’heure d’initiatives solitaires. L’autre question que l’on se pose est celle de savoir pour quelle raison est-on arrivé jusqu’à présenter cette proposition à la plénière en dépit des observations faites au niveau du gouvernement. En effet, selon les informations en notre possession, recevant la proposition de l’honorable Tunda, le gouvernement avait fait certaines observations. Il nous revient même que le gouvernement aurait fait remarquer qu’au lieu de la révision de la loi qui existait, on se retrouvait face à une nouvelle loi.

 

Pour preuve, la loi de 2006 comptait 68 articles alors que celle proposée en comptait plus du double, soit 226. C’est flagrant ! Comment pouvait-on proposer une nouvelle loi électorale sans même que la majorité dans son ensemble en soit pleinement informée ? Il nous revient que c’est partant des murmures au sein même de la majorité, notamment des observations faites par le gouvernement que la puce a été mise à l’oreille de l’honorable Lumeya. Ce dernier, par une motion incidentielle, a bloqué la proposition. On peut tout dire, on peut tenter de tout expliquer, cette affaire permet de voir des fissures désormais béantes dans la majorité et même au sein du Pprd pris individuellement. L’erreur est humaine, y persévérer est diabolique. L’auteur de la proposition a 72 heures pour proposer à la plénière de la chambre basse une proposition de révision de la loi électorale en lieu et place d’une nouvelle loi. Comment cela va-t-il se faire ? On pense que les têtes couronnées de la majorité devront s’entendre là-dessus si on ne veut pas voir la proposition rejetée encore une fois.

 

Il n’est dans l’intérêt de personne d’afficher ces divisions sur base d’intérêts superflus. La majorité, pendant toute la législature, s’est montrée soudée au point de traverser ensemble des moments de dures épreuves. Cette fidélité aux idéaux du clan politique était tel que d’aucuns ne pouvaient se l’imaginer. Raison pour laquelle, dans une certaine opinion on a fait croire, à tort, que les députés de la majorité se faisaient soudoyer avant de voter dans le sens de la volonté de la majorité. Par conséquent, personne n’a ni le droit ni le pouvoir de récompenser ces messieurs par la monnaie de singe ou leur dire : « Fontaine je ne boirai plus de ton eau ».

 

 

L’Avenir

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