Vendredi 8 avril 5 08 /04 /Avr 14:57

Par  Le Potentiel

 

 

 

 

L’assaut final pour le bradage du portefeuille de l’Etat a été lancé. Vingt (20) entreprises publiques transformées en sociétés commerciales doivent ouvrir leur capital aux privés. Belle occasion offerte à ceux qui se sont enrichis aux mamelles de l’Etat de blanchir leur argent sale. Le bal des charognards est ouvert. Au grand dam du peuple congolais, toujours médusé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        Une vue d'un bâtiment public. INSS / Lubumbashi. Photo Okapi.

 

La transformation des entreprises publiques en diverses catégories n’a pas résolu le problème des contreperformances décriées dans ces unités de production. Bien au contraire, le processus de réforme n’a fait que précipiter la mort programmée du portefeuille de l’Etat.

 

Aujourd’hui, l’on se trouve en face des monstres juridiques. C’est le cas notamment de 20 entreprises publiques transformées depuis le 1er janvier 2011 en sociétés commerciales, avec pour seul actionnaire l’Etat congolais. Surprenant ! Surtout lorsque l’on sait que le droit congolais des sociétés exige au minimum sept (7) actionnaires.

 

20 SOCIETES COMMERCIALES A DECAPITER

 

Dans les tout prochains jours, la Société nationale des assurances (Sonas), la Société congolaise des transports et des ports (SCTP, ex-Onatra), la Regideso, la Snel, la Régie des voies aériennes (Rva), notamment, devront s’ouvrir aux privés. Ainsi en a décidé la Banque mondiale qui conduit, via le Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille de l’Etat (Copirep), le processus de désengagement de l’Etat.

 

A qui l’Etat devra-t-il ouvrir le capital de 20 entreprises qu’il a déjà transformées en sociétés commerciales ? N’est-ce pas à tous ces « intouchables » qui se sont enrichis aux mamelles de l’Etat ? En filigrane, il transpire une stratégie très subtile. Les tenants de la réforme s’apprêtent à ouvrir le capital aux privés en vue d’atteindre le plafond légal requis dans l’actionnariat. Mais au terme du processus, ce sont des « actionnaires d’office », communément appelés nouveaux riches, qui vont récupérer toutes ces entreprises et poursuivre sur le patrimoine de l’Etat sous un nouveau système.

 

Ainsi, la 3ème République aura réussi un joli coup. Pendant la 2ème guerre, la tentative de privatisation a échoué. Mais, depuis 2001, et grâce à la manie de la Banque mondiale, en complicité avec l’élite au pouvoir, les entreprises publiques sont actuellement livrées à la vindicte populaire.

 

Le peuple, désabusé, assiste impuissant au pillage organisé du portefeuille de l’Etat. L’édifice s’écroule. Pendant ce temps, impuissant, il est incapable d’arrêter la machine. Le portefeuille est en train de s’écrouler. Les fissures sont telles que l’irréparable paraît inévitable. A défaut d’un sursaut d’orgueil collectif. De toute façon, pour les entreprises publiques, la sentence a été déjà prononcée avec la grande bénédiction de la Banque mondiale même si elle tente de se dédire aujourd’hui en reconnaissant l’échec du processus qu’elle a proposé à travers le Projet compétitivité et développement du secteur privé (PCDSP).

 

LE BAL DES CHAROGNARDS

 

La peste n’épargne nullement les entreprises d’économie mixte. Dans cette catégorie, le processus de désengagement a été déjà mis en œuvre. La Cimenterie nationale (Cinat) en a d’ailleurs fait les frais, avec la cession par l’Etat de 41% d’actions qu’il détenait sur cette entreprise, à côté du groupe Beltexco qui en comptait près de 8%. Le processus de désengagement de l’Etat dans la Cinat s’est passé dans une opacité telle que les nouveaux acquéreurs de 41% d’actions de l’Etat tardent à rentrer dans leurs droits.

 

Comme la Cinat, les 20 entreprises publiques transformées se préparent à subir le même sort. Affaiblies à souhait avec une trésorerie chaotique, ces sociétés commerciales feront bientôt l’affaire aux charognards qui ont amassé d’importantes sommes d’argent pour rentrer dans leur capital. Il y a un drame qui est en train de se mettre en place. Il y a lieu de se mobiliser pour éviter ce qui a tout l’air d’un pillage organisé du portefeuille de l’Etat.

 

L’on ne peut que s’inspirer du constat malheureux fait dernièrement devant la presse réunie au siège de la Banque mondiale par sa directrice des opérations en RDC, Marie-Françoise Marie-Nelly. Sans coup férir, elle a reconnu ouvertement que la réforme telle que menée par le gouvernement a été un échec à tout point de vue.

Pour illustrer ses affirmations, Marie-Nelly s’était appuyée sur les services indésirables que continuent à livrer des entreprises du secteur énergétique, en l’occurrence la Regideso et la Snel, alors que des millions USD ont été engagés depuis des années par la Banque mondiale pour les remettre à niveau et leur permettre d’offrir un service de qualité à leurs abonnés. Ou, en cas de privatisation, les vendre à un prix intéressant.

 

Les exemples sont légion. Il se dégage qu’un plan macabre de dilapidation des entreprises, jadis publiques, a été concocté en haut lieu pour les vider de leur sève. Cela devant passer par les affaiblir, les mettre dans les conditions d’être cédées aux tiers à vil prix. Les barons du régime actuel et leurs dépendances, dans toute leur diversité, vont se servir, directement ou par des noms d’emprunt. Ils vont hériter des unités de production qu’ils ont, par préméditation, condamnées à la déconfiture.

 

Le Portefeuille de l’Etat est aujourd’hui la proie des charognards qui se recrutent dans tous les milieux nationaux et expatriés. Le pillage est déjà lancé ; le mode opératoire est connu ; il ne reste plus que l’assaut final. Il va passer par le lancement des offres publiques d’achat (Opa). Des scenarii ont été montés pour que les nouveaux acquéreurs et leurs alliés se servent les premiers.

 

La Banque mondiale devra un jour faire publiquement son mea culpa pour avoir ouvert la brèche aux affameurs du peuple congolais qui se montrent déterminés à décapiter ce qui reste encore du portefeuille de l’Etat. Alors que, ailleurs, l’Etat sauve les entreprises en les rachetant.

 

Tôt ou tard, l’histoire exigera des comptes. En attendant, d’aucuns exigent que l’opération tolérance zéro passe par là pour sauver ce qui peut encore l’être. Pillage organisé du portefeuille de l’Etat

Encadré

 

Entreprises publiques transformées en sociétés commerciales

 

1. Caisse générale d’épargne du Congo, CADECO Sprl

2. La Congolaise des hydrocarbures, COHYDRO Sarl

3. Entreprise minière de Kisenge manganèse, SCMK-Mn Sarl

4. Hôtel Karavia Sarl

5. La Générale des carrières et des mines, GECAMINES Sarl

6. Lignes aériennes congolaises, LAC Sarl

7. Lignes maritimes congolaises, LMC Sarl

8. Régie de distribution d’eau de la RDC, REGIDESO Sarl

9. Régie des voies aériennes, RVA Sarl

10. Société des chemins de fer Uélé-Fleuve, CFUF Sarl

11. Société commerciale et industrielle d’explosifs, SOCIDEX Sarl

12. Société commerciale des transports et des ports, SCTP Sarl

13. Société congolaise des postes et des télécommunications, SCPT Sarl

14. Société congolaise des voies maritimes, SCVM Sarl

15. Société de développement industriel et minier du Congo, SODIMICO Sarl

16. Société minière de Kilo-Moto, SOKIMO Sarl

17. Société nationale d’assurances, SONAS Sarl

18. Société nationale d’électricité, SNEL Sarl

19. Société nationale des chemins de fer du Congo, SNCC Sarl

20. Société sidérurgique de Maluku, SOSIDER Sarl

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