Sécurité : La Monusco prise la main dans le sac.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Exportation illégale des minerais de la RDC
La Monusco prise la main dans le sac
Par  Le Potentiel

 

 

 

 

Un chauffeur de la Monusco a été intercepté dimanche alors qu’il tentait de traverser la frontière rwando-congolaise avec à bord de son véhicule près de 1.500 kg de cassitérite. Cette affaire est de nature à discréditer la mission onusienne et donner raison à tous ceux qui ont toujours réclamé son départ de la RDC.

 

La Mission des Nation Unies pour la stabilisation du Congo(Monusco) vient de se distinguer par un nouveau scandale qui risque de la disqualifier davantage et pousser les autorités congolaises et la population à demander purement et simplement son redéploiement imminent du territoire national.

Quid ? Un chauffeur de la Monusco du nom de Julien Mukala a été pris en flagrant délit de tentative d’exportation frauduleuse des minerais de la RDC vers le Rwanda. La rafle est intervenue dans la nuit de dimanche à lundi à la frontière entre la ville de Goma et celle de Gisenyi.

Il s’agit, selon le ministre provincial des Minesdu Nord Kivu, Naasson Kubuya Ndoole, d’une cinquantaine de sacs contenant près de 1200 kg de cassitérite. Aussitôt, le gouvernement provincial a diligenté une enquête afin de déterminer l’origine de la cargaison, son vrai propriétaire et éventuellement les membres du réseau maffieux. Car, il n’est pas évident que ce soit la première fois que ce chauffeur procède à cette opération qui sent le gros sous.

Interrogé par la presse, le porte-parole de la Monusco a reconnu lundi le forfait commis la veille par ce chauffeur véreux. "Nous confirmons l'arrestation de l'un des nos chauffeurs hier (dimanche) à la frontière à Goma au moment où il traversait pour aller à Gisenyi (Rwanda)" a déclaré Manodje Mounoubai tout en se disant disposé à coopérer avec les autorités provinciales dans l’enquête qu’elles ont diligentée.

D’ores et déjà, il a fait une déclaration digne d’une offensive de charme, à savoir « la Monusco n'a pas à encourager de telles pratiques. Il existe au niveau des Nations unies une commission chargée de la lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et la Monusco travaille avec cette commission". Bien plus , le porte-parole a annoncé l’ouverture d’une enquête parallèle sur le même dossier.

Cette déclaration de bonne intention peut-elle suffire pour effacer l’opprobre ? Difficile à dire. Tant un regard rétrospectif montre que ce fait répréhensible à l’encontre de la Monusco n’est pas isolé. D’autres membres de ma mission onusienne, à l’époque Monuc, ont été impliqués dans divers scandales sexuels allant jusqu’au trafic des minerais en passant par le bradage de la monnaie nationale et la coopération avec des groupes armés rebelles internes ou étrangers pourtant donnés pour honnis. Du fait qu’ils s’étaient distingués dans l’exploitation illégale des minerais dont les revenus finançaient les conflits récurrents dans le Nord Kivu, le Sud Kivu et le Maniema.

Ce énième scandale donne raison au rapport de la commission sénatoriale qui indiquait qu’en 2009 80% des exportations de minerais échappaient au contrôle de l’Etat dans les trois provinces, riches en cassitérite, en coltan et en or.

Par ailleurs, certains observateurs sont tentés de croire que la répétition de scandales dans le chef du personnel militaire et civil de la mission onusienne devrait constituer un argument de taille pour son redéploiement quand on sait que les populations civiles continuent à souffrir d’exactions de la part des groupes armés et des forces loyalistes sous le regard expectatif des casques bleus de l’Onu.

Encadré :

Communiqué de Presse

Ouverture d'une enquête après l'arrestation d'un agent de la MONUSCO accusé de contrebande de cassitérite

Les autorités congolaises ont fait échouer hier soir une tentative de faire passer frauduleusement environ une tonne de cassitérite de la RDC vers le Rwanda. Cet acte aurait été perpétré par un membre du personnel national de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO). Ce dernier a été arrêté à bord d’un véhicule de l’ONU au poste frontalier entre les villes de Goma, en RDC, et Gisenyi, au Rwanda. La MONUSCO a assuré les autorités nationales de sa pleine coopération. Elle apporte tout son soutien dans l’investigation en cours et a aussi de son côté, lancé sa propre enquête sur ce qui pourrait être une violation grave de son code d’éthique, de ses règles et règlements. Le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MONUSCO, Roger Meece, a souligné que l’exploitation illégale et la contrebande des ressources naturelles de la RDC sont des crimes graves que la MONUSCO est chargée de prévenir. Elle reste aussi engagée à soutenir tout effort dans ce sens. Roger Meece a ajouté que toute allégation portée contre un membre de son personnel sur son implication éventuelle dans de telles activités illégales fera l’objet d’une enquête exhaustive et que des mesures appropriées seront prises en pleine coopération avec les autorités congolaises.

 

 

 

 

 

 

 

 

Interception du véhicule de la Monusco à la frontière rwandaise : Lambert Mende, « Ce commerce appauvrit la Rd Congo et entretient l’insécurité"
Un chauffeur de la Monusco a été arrêté, dimanche 21 août aux environs de 23 heures à la frontière rwando-congolaise, avec 1200 kilos de cassitérite noire à bord d’un véhicule de la mission onusienne en RDC. Il s’agit de 24 colis de 50 kilos chacun. Le prévenu a été pris en flagrant délit de trafic de ce minerai entre le Rwanda et la RDC. Ce chauffeur, qui fait partie des membres du personnel national de la Monusco, a passé toute la journée de lundi 22 août à l’Agence nationale des Renseignements (ANR). Il a été transféré, après-midi, au parquet général du Nord-Kivu.
Le parquet a diligenté très rapidement cette affaire et le procès a commencé lundi après-midi au tribunal de grande instance de Goma, a constaté un reporter de Radio Okapi. Alertés, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, les agents de sécurité de la Monusco ainsi que les autorités policières et militaires de la ville sont descendues sur les lieux pour constater les faits. Sur ordre de l’autorité provinciale, les minerais saisis ont été consignés à l’entrepôt de la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Quant au véhicule, il est toujours gardé au niveau de la douane à la frontière. Le gouvernement congolais déplore ce « trafic illicite ». Dans un communiqué publié hier lundi à Kinshasa, le gouvernement a déploré la poursuite de tels « trafics illicites. » Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, qui a signé ce document précise que ce commerce appauvrit la RDC et entretient l’insécurité dans cette partie du pays en contribuant à « faire prospérer le commerce illégal des minerais de sang contre lequel la RDC et la communauté internationale se mobilisent avec fermeté. » A travers ce même communiqué, le gouvernement a souhaité voir la Monusco « prendre toutes ses responsabilités » pour éviter que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent.
La Monusco a ouvert une enquête
Les responsables locaux de la Monusco ont affirmé, avoir lancé leur propre enquête. L’exploitation illégale et la contrebande des ressources naturelles de la RDC sont des crimes graves que la Mission est chargée de prévenir, indique le communiqué de la Mission onusienne en RDC. Toute allégation portée contre un membre de son personnel sur son implication éventuelle dans de telles activités illégales fera l’objet d’une enquête et que des mesures appropriées seront prises, poursuit le communiqué.
La police des Mines avait saisi, jeudi 28 juillet vers 4 heures du matin, plus de 10 tonnes de cassitérite dans la parcelle d’un officier des FARDC au quartier Ndosho à Goma. Ce lot provenait du Sud-Kivu dans un camion convoyé par les militaires des FARDC, selon des sources policières.
JMNK /RTG@
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