Religion : Conférence de presse de S.E le Cardinal Laurent Monsengwo à l'occasion de la 44ème journée de la paix.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Conférence de Presse du Cardinal sur le message du Pape à l’occasion de la 44ème journée de la Paix Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Image ActiveCe mercredi 05 janvier 2011, S.E. le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque Métropolitain de Kinshasa, a tenu une conférence de presse à l’archevêché de Kinshasa sur le message du Pape pour la 44ème journée mondiale de la paix  consacrée au thème : « Liberté religieuse, chemin vers la Paix ».

 

Après sa conférence, le Cardinal a eu un échange avec la presse autour de ce message du Pape et des questions d’actualité religieuse et politique. Le Cardinal a rappelé à tous que ses déclarations (discours, homélies …) s’adressent à tout le monde, pas à  une  catégorie de gens. Pour ce qui est de l’exercice de la politique, le Cardinal a dit avec conviction et fermeté qu’être Prêtre ou Evêque  vaut mille fois mieux qu’être président de la République comme pour dire qu’il n’entre pas dans ses intentions de briguer les postes politiques. Il a comme Evêque une mission prophétique et pas politique. 

 

Lire la conférence du Cardinal dans la suite.

 

                                               JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX

                               Liberté religieuse, chemin vers la Paix (Benoît XVI)

                  Conférence de presse du Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA 

                                     Archevêché de Kinshasa, le 05 janvier 2011  

 

1.  Comme à l’accoutumée, le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, a adressé le 1er janvier 2011 à l’Eglise et aux hommes de bonne volonté un message pour la 44ème Journée mondiale de la Paix, consacré au thème : Liberté religieuse, chemin vers la Paix. 

 

2.     Il est significatif que le Pape Paul VI, en instituant cette journée en 1967, deux ans après son solennel appel à l’ONU en 1965 (Plus jamais la guerre), l’ait placé au début de l’année, comme pour souhaiter que toute l’année soit bénie d’une abondance de paix. 

 

3.     Dans son message de cette année (2011), le Pape Benoît XVI commence par mentionner les situations de persécution, de discrimination, d’actes de violence et d’intolérance religieuse ayant caractérisé l’année 2010, notamment en Irak. Le Pape observe que « les chrétiens sont à l’heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi. Tout cela ne peut être accepté, dit le Pape, parce que cela constitue une offense à Dieu et à la dignité humaine ; de plus c’est une menace à la sécurité » (n.1). 

 

4.     Et d’emblée, le Pape affirme que « c’est dans la liberté religieuse que se trouve l’expression de la spécificité de la personne humaine, qui peut ainsi ordonner sa vie personnelle et sociale selon Dieu ; à Sa lumière se comprennent l’identité, le sens et le but de la personne. 

 

5.     Ensuite, le Pape montre comment «  le droit à la liberté religieuse s’enracine dans la dignité même de la personne humaine »(n. 2). Dieu a créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1, 27). Aussi chaque personne a-t-il le droit à une vie intègre aussi du point de vue spirituel. Sans cette ouverture au transcendant et sans la reconnaissance de son être spirituel, la personne humaine ne peut trouver des solutions à ces interrogations profondes. 

 

6.     « La liberté religieuse est à l’origine de la liberté morale ». En effet, dit le Pape, l’ouverture à la vérité et au bien, l’ouverture à Dieu, qui est enracinée dans la nature humaine, confère une pleine dignité à chaque personne et elle est garante d’un respect mutuel et plénier entre les personnes. C’est pourquoi la liberté religieuse doit être comprise non seulement comme une absence de coercition mais d’abord comme une capacité d’ordonner ses choix selon la vérité(=liberté morale). 

 

7.     « Si la liberté religieuse est chemin vers la paix, l’éducation religieuse, notamment celle dispensée dans la famille, est un chemin privilégié pour donner aux jeunes générations la possibilité de reconnaître en l’autre un frère et une sœur, avec qui marcher ensemble », dans un projet  solidaire de construction dans la paix. 

 

8.     « On pourrait dire que, parmi les droits et les libertés fondamentaux enracinés dans la dignité humaine, la liberté religieuse jouit d’un statut spécial. Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même, et l’ethos et les institutions des peuples se consolident. A l’inverse, quand la liberté religieuse est niée, quand on essaie d’empêcher de professer sa religion ou sa foi et de vivre en conformité avec elles, la dignité humaine est lésée, et de cette manière se trouvent menacées la justice et la paix, lesquelles se fondent sur l’ordre social juste qui s’édifie à la lumière de la Vérité suprême et du Souverain Bien ». En ce sens, conclut le Saint-Père, la liberté religieuse est aussi un acquis de la civilisation politique et juridique. « …toute personne a le droit de professer librement sa foi et de la manifester individuellement ou de manière communautaire ». De même, « elle ne devrait pas rencontrer d’obstacles si elle désire éventuellement, adhérer à une autre religion ou n’en professer aucune ». 

 

9.     La liberté religieuse n’est pas le patrimoine exclusif des croyants, mais de la famille tout entière des peuples. C’est l’élément incontournable d’un Etat de droit, on ne peut la nier sans porter atteinte à tous les droits  et aux libertés fondamentales.

 

10.   La liberté religieuse, comme toute liberté, tout en provenant de la sphère personnelle, se réalise dans la relation aux autres. Une liberté sans relations n’est pas une liberté achevée… La mise en relation est une composante décisive de la liberté religieuse qui pousse les communautés des croyants à pratiquer la solidarité en vue du bien commun. 

 

11.    L’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple la subversion de l’ordre établi, l’accaparement de ressources ou le maintien du pouvoir de la part d’un groupe, peut provoquer des dommages énormes aux sociétés… La profession d’une religion ne peut être instrumentalisée, ni imposée par la force. La liberté religieuse est une condition de la recherche de la vérité et la vérité ne s’impose pas par la violence, mais par la force de la vérité elle-même. 

 

12.     Bref, la liberté religieuse est un problème de justice et de civilisation. Il est de toute évidence que le dialogue doit être instauré entre les institutions civiles et religieuses, afin de promouvoir un climat de paix. Les grandes religions, dont le rôle social est manifeste, doivent favoriser ce climat de justice et de paix, afin que leurs adeptes marchent ensemble,  sans syncrétisme ni relativisme religieux, sur le chemin de la paix, qui est un don de Dieu et en même temps un projet à mettre en œuvre, jamais complètement achevé. 

 

 Bonne année à tous et à toutes.    

 

                                                      + L. Card. MONSENGWO PASINYA

                                                               Archevêque de Kinshasa

 

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