Eglise : Commentaire de l'Evangile du dimanche 13 mars.

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Radio Vatican.

    




Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile du dimanche 6 mars, neuvième du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, versets 1 à 11.

 


"Jésus après son baptême, fut conduit au désert par l'Esprit pour etre tenté par le démon."
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Nous venons de commencer le temps du carême : temps de pénitence, temps de conversion et temps du don de soi, à Dieu et aux autres. L’Eglise, en sa liturgie, au long des cinq dimanches préparatoires à la Pâque, nous propose un itinéraire spirituel de textes fondamentaux chargés de paroles d’espérance de Jésus. Si nous sommes invités à mesurer nos péchés et notre fragilité face à Dieu et aux hommes, notre regard ne doit pas perdre de vue l’horizon de Pâques, la résurrection du Fils de Dieu, qui entraine notre être et notre chair vers la vie éternelle. Progressivement, en ces cinq évangiles, le balancement entre le regard sur nous-mêmes et son illumination par l’œuvre de Dieu, va nous tourner vers la joie totale du Salut.


Ainsi les tentations vont nous rappeler, qu’en Jésus-Christ, elles peuvent être vaincues; la Transfiguration va nous signifier que notre chair et notre corps sont destinés à la vie éternelle; l’épisode de la samaritaine va nous rappeler que Dieu est la seule véritable source de notre vie et de notre bonheur ; le récit de la guérison de l’aveugle né nous plongera dans la recréation qu’opère le salut : la revivification de Lazare nous rappellera que seul l’amour est capable de donner la vie.


Nous voici dans les tentations de Jésus. Illuminé par le Baptême, Jésus mesure notre faiblesse face au péché et notre fragilité de tenir dans la foi. Oui, car après quarante jours de jeûne, il est tenté.


Lorsque l’épreuve dure, savons-nous tenir dans la foi ? Tel est l’enjeu de tout carême : ce n’est pas l’épreuve pour faire plaisir à Dieu, ni pour se mesurer soi-même, mais l’épreuve de se priver de soi-même pour recevoir de Dieu une confiance surabondante en lui.


C’est un chemin de renoncement pour grandir en Dieu. Et ce chemin rencontre en Jésus nos trois tentations majeures : celle du pouvoir : « Ordonne que ces pierres deviennent du pain », celle du vouloir : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas », et celle de la gloire : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer ». Mais j’aimerai, avec vous, les lire sous un autre angle : celle du corps, de l’esprit et de l’âme.


La tentation du corps : Jésus a faim. Faim de nourriture pour vivre, évidement mais derrière cela, Il y a la faim du corps qui se fait sentir en tous nos sens. Faim de connaître, de penser, d’aimer, de partager, de vouloir satisfaire aux appels de mon corps et la réponse à ces faims peut aller jusqu’à vouloir maîtriser l’autre jusqu’à en faire un objet de satiété, un esclave de mes besoins.


Le carême, par la privation désirée, vient rétablir l’ordre de mes faims.
La tentation de l’esprit consiste à agir pour que tout converge vers moi. Faim d’être reconnu, désiré et remercié. C’est le moi, qui veut bien vivre avec les autres mais en restant Le Moi.


Le carême, par une humilité offerte, me remet à ma simple place.
La tentation de l’âme, que stigmatise la dernière tentation de Jésus, affiche cette volonté orgueilleuse de vivre par moi-même, sans Dieu et si je peux, sans l’aide des autres. C’est l’errance de mon imagination qui me met à égalité avec Dieu : alors pourquoi en aurais-je besoin? Et si j’en ai besoin alors je le mets à l’épreuve : sauve-moi ou fais ceci et je croirais en toi !


Le carême, par une foi aimante, bride mon imagination et me rappelle Dieu comme la seule source de mes joies et de mes peines accueillies.


Bon et saint carême à tous.

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