Socièté : Le phénomène "chef pantalon pete" interpelle les consciences.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 

Depuis que le relâchement des mœurs est devenu caractéristique de la société kinoise, le dérèglement sexuel de maints cadres étonne. Ils sont aussi bien dans des entreprises que dans l’administration publique. D’où, l’apparition d’un terme ironisant dans le langage populaire à Kinshasa : « cadre pantalon pete » (comprenez : chef prêt à descendre son pantalon pour poser un acte sexuel avec sa subalterne ou une candidate à l'embauche afin de lui accorder une faveur).

 

Pour qui n’est pas familier au contexte kinois, en effet, ce terme suppose que le pantalon ne retient pas la ceinture nouée pendant longtemps. C’est en ces termes que la rue porte un jugement sévère à ceux qui compromettent leur autorité, leur notoriété par une indiscipline avérée dans le domaine sexuel. Il y a peu, le terme courant désignant les mêmes faits était le « droit de cuissage », allusion faite alors à la partie supérieure de la jambe, la cuisse. Les candidates à l’embauche sont soit sollicitées soit harcelées en vue d’un rapport intime passager. Dans la plupart des cas, dans des entreprises, le pourcentage élevé s’agissant de ce type de dérèglement implique des responsables. Dans le secteur des établissements d’enseignement supérieur et universitaire, un terme courant pour dire la même chose existe. Il s’agit des « points sexuellement transmissibles ». Dès lors, l‘incrustation du plaisir sexuel dans des secteurs où l’intellect devrait plutôt avoir préséance, préoccupe les bonnes consciences. Il en découle le favoritisme et la complaisance.

 

Or, une administration n’est compétitive que lorsque les unités qui la composent peuvent miser sur leur compétence individuelle et collective. Dans cet ordre d’idée, un septuagénaire d’origine française, Joret Raymond a déploré une situation généralisée dans le contexte africain, basée sur le manque de contrôle. « (…) Car en Afrique, tout le monde prend plaisir à la tricherie. Et partant, il est difficile d’avoir le contrôle des choses. Et comme le continent partage des fléaux communs parmi lesquels le chômage généralisé des jeunes, la corruption, le favoritisme et l’exode rural, il est probable que le vent de l’alternance qui souffle dans le Maghreb gagne progressivement le reste du continent. Il est temps que l’Afrique mette en exergue les talents et les compétences.

 

Les responsables à tous les niveaux doivent se rendre à l’évidence que l’Afrique du tribalisme et du régionalisme, l’Afrique des préférences ethniques a fait son temps mais n’a pas apporté de fruits susceptibles de rendre les Etats du contient compétitifs », a-t-il relevé. Dans ses écrits bibliques, le sage Ecclésiaste a dit : le bien existe pour les bons, tandis que le vice pour les méchants.

Quand le cadre militera par et pour le bien, le Congo s’éveillera

 

Le cadre découle de l’élite dont la nation a besoin pour avoir de la lumière nécessaire à sa sortie du tunnel. Le professeur Robert Ngub’Usim, sociologue, démontre que « l’élite est l’agent de transformation de la société » (Lire à cet effet, la Collection intitulée « Elite et Démocratie », parue en 2000, aux éditions des Presses universitaires de Kinshasa, PUK. Toute société aspire au changement et l‘élite est dans ce processus responsable, en ceci que la lumière nécessaire assimilable à une lampe montrant la voie à suivre est tenue par elle.

 

« Le Congo est conscient de son rôle dans le concert des nations », a dit en son temps, M’Zee Laurent-Désiré Kabila. Cela va sans dire que le cadre, dans un tel contexte, est sensé intérioriser les valeurs qui corroborent sa mission. Ne dit-on pas que « la connaissance responsabilise » ? A ce jour, tandis que la rue attend du cadre de luire pour que le Congo s’éveille, il est regrettable que l’inconduite de quelques-uns vienne à semer le doute dans l’entendement collectif de la populace. Le Congo qui « se meurt » en s’enlisant dans l’irrationnel et dans la dépravation, attend que le cadre milite par et pour le bien, en vue de sa sortie du tunnel. Il s’agit d’une question de responsabilité impliquant un consentement à la fois individuel et collectif. C‘est le fameux principe de « connaître pour agir ». C’est, défendant l‘universalité dudit principe, que le prophète Osée s’est écrié de la part de l’Eternel : « Mon peuple périt par manque de connaissance » (Osée 4 :6).

 

En son temps, feu le Maréchal Mobutu Sese Seko, début décennie 80, dans le contexte d’un Plan, portant son prestigieux nom, a fustigé la déviation de certains responsables en ces termes : « Le président de la République n’est pas un magicien. Seul, il ne peut rien ; avec l’appui de tout son peuple, il peut tout. Mais, nous devons éviter que les efforts du peuple soient anéantis par l’inconscience et la cupidité de certains cadres », a-t-il dit. A l’heure où souffle e vent de l’alternance, l’observateur français cité dans le premier paragraphe estime que l’Afrique pourrait s’en sortir en suivant le modèle chinois. Et dans tous les cas, la mission dévolue à l’élite est mise en exergue.

 

« En 30 ans, la Chine est devenue la première puissance économique au monde. Qu’est-ce qui manquerait alors aux Etats africains de s’inspirer du modèle chinois ? Car ce pays a effectivement planifié son développement avec, au centre, la volonté politique des dirigeants, la disponibilité de l’élite intellectuelle et l’engagement dans l’action de la classe ouvrière », a-t-il relevé dans une interview à « L’Avenir » n’4081 du 16 février courant.

 

Payne  / L'Avenir.

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