Sécurité : Tripartite de Kigali, au Rwanda. L'aveu d'échec des opérations militaires conjointes.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Par  Le Potentiel

 

 

 

 

 

Les ministres de la Défense des pays des Grands Lacs ont reconnu dernièrement à Kigali que la menace des forces négatives dans l’Est de la RDC n’est pas encore écartée. Leur inquiétude reposerait sur une coalition que les groupes armés opérant au Congo auraient conclue avec un groupe intégriste islamique du nom d’EL Shabab. Double constat : d’une part, c’est un aveu d’échec des opérations militaires conjointes, d’autre part, la nouvelle donne serait un appel du pied de Kigali envers Washington, afin d’obtenir son contreseing pour la relance desdites opérations qui lui permettent de reprendre pied au Congo sur fond d’un agenda caché.

 

La deuxième réunion de la commission de défense et sécurité de la Communauté économique des pays des Grands Lacs affirme «qu’un projet d’alliance des forces négatives, localisées à l’est de la RDC, est actuellement en gestation». Selon la radio onusienne qui livre l’information, relayant la presse de Kigali, «cette alliance serait composée des FDLR, des groupes Kayumba/Karegeya et Nsengiyumva, des Maï-Maï Yakutumba et Cheka, du Front patriotique pour la libération du Congo (FPLC), ainsi que du groupe de Soki bien connu à Rutshuru, au Nord-Kivu ». Il est fait également mention dans cette nouvelle coalition d’El Shabab, un groupe intégriste islamique.

 

Fondée, cette information constitue un réel danger pour l’intégrité de la RDC et de ses voisins. Source d’instabilité, la constitution d’une telle alliance devrait susciter dans le chef des Etats concernés une réplique appropriée. En son temps, l’Américaine Suzanne Rice déclarait que le Zaïre représentait un terreau propice à l’implantation des forces négatives. Plus de dix années après, les trois pays de la CEPGL font le constat malheureux de cette infiltration aux proportions inquiétantes. Aussi l’appui de l’ONU, de l’Union européenne, de l’Union africaine, voire des USA et d’autres puissances planétaires s’avèrerait nécessaire pour arriver à bout de cette nébuleuse islamiste.

 

Epouvantail, elle serait une nouvelle création de Kigali afin de justifier son retour au Congo. Une préoccupation qui devient quelque peu suspecte dans la mesure où l’intervention quasi permanente des opérations militaires des deux pays tendrait à se substituer à la mise en place d’une armée forte et républicaine en RDC, telle que souhaité par les Congolais et la communauté internationale. D’aucuns voient dans l’agitation de cet épouvantail par le régime de Kigali une sorte d’appel du pied destiné à obtenir du gouvernement américain la caution morale pour un retour en force en RDC. Aussi, lui impute-t-on d’avoir un agenda caché. Autant le Rwanda veut lutter contre les rebelles hutu des FDLR, autant il veut se poser en Force Armée incontournable d’intervention dans la région des Grands Lacs.

 

OPERATIONS MILITAIRES CONJOINTES

 

Ce qu’il faudrait éviter, pour le moment, c’est de reprendre des recettes qui n’ont pas porté des fruits. Des experts indiquent que l’aveu d’échec des opérations militaires conjointes précédentes devrait inciter à imaginer une formule qui soit la mieux appropriée, à savoir doter la RDC d’une armée capable d’assurer le contrôle et la défense de ses frontières. C’est seulement de cette façon qu’elle pourrait faire échec à toutes formes de menace. L’option d’un projet d’actions 2011, la commission de défense et sécurité de la Communauté économique des pays de Grands Lacs devrait prendre en compte cette donne. Pour rappel, les armées des pays voisins contrôlent depuis plusieurs années, des pans entiers du territoire congolais sans parvenir à maitriser les forces négatives constituées de leurs ressortissants. La résurgence des FDLR et de la LRA est une illustration parfaite de l’incapacité de traquer et anéantir durablement les groupes armés nationaux et étrangers qui continuent à tuer, violer et piller des ressources naturelles de la RDC.

 

Les stratégies en neuf points élaborées par ladite commission constitueront-elles la clé de cette énigme cornélienne ? Wait and see. Les pays des Grands Lacs ont proposé, entre autres, la création d’une commission d’élaboration d’un plan d’action opérationnel du protocole de défense et de sécurité mutuelle; la création d’une cellule conjointe de fusion des renseignements devant se rencontrer régulièrement et l’établissement des modalités d’échanges des criminels. L’application de ces stratégies communes devrait permettre à chaque Etat signataire de se préparer pour une meilleure exécution sur le terrain.

 

Le Rwanda qui s’est toujours considéré comme la super puissance de la sous-région devra s’interdire de franchir, grâce à cette nouvelle menace, les frontières poreuses de la RDC. Les expériences du passé permettent de douter de l’efficacité des opérations conjointes conjoncturelles. Une stratégie élaborée et inscrite dans la durée est de nature à ouvrir une voie de stabilité totale dans la sous-région. Les plâtrages sont la cause d’autres problèmes qui, au final, retardent l’avènement d’une vraie stabilité dans l’espace des Grands Lacs.

 

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