Sécurité : Les membres du Comité National de Soutien aux Léopards, CNSL, braqués en pleine réunion à Delgado.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 

* Armés, les assaillants ont emporté argent, portables, sacs à main, …

 

Les membres du Comité National de Soutien aux Léopards « CNLS » ont été braqués, puis dévalisés en pleine réunion le vendredi 11 février dernier à leur siège provisoire sis terrasse-restaurant Delgado dans la commune de Kasa-Vubu.

 

Les assaillants armés de mitraillettes, uzi et ak ont emporté 600 dollars américains que détenait la consœur Marcelline Makumania, caissière de circonstance, ravi le sac d’une autre consœur Belinda Odia et emporté portables, sacs à main, porte-monnaies des membres. Germaine, la tenancière de la terrasse qui tentait de se soustraire de l’étreinte des assaillants a reçu un coup de crosse de l’arme d’un des bandits en tenue civile. Pris de panique, les membres du CNLS ont détalé à toutes jambes vidant le lieu en ordre dispersé pendant que les bandits, visiblement des faux militaires, s’en allaient en trombe emportant leur butin.

 

L’insécurité se porte à merveille

 

L’attaque de la terrasse Delgado n’est malheureusement pas un fait isolé. Les Kinois vivent dans la peur à présent et aucune nuit ne se passe sans qu’on ne rapporte des cas d’attaques d’hommes en armes. Des attaques perpétrées aux domiciles de paisibles citoyens souvent démunis. Parfois, certains patrouilleurs se transforment en arnaqueurs, confisquent des portables. Souvent, ce sont les kuluna, plus dangereux qui attaquent à l’arme blanche et n’hésitent pas à blesser grièvement les infortunés qu’ils croisent sur leur passage avant de les dépouiller de leurs biens.

 

Le problème est sérieux, le mal est profond. Il y a d’un côté les bandits et « assimilés » qui redoublent d’ardeur chaque jour, ils bravent la police, poussent leur audace jusqu’à attaquer, à troubler les manifestations telles que les cérémonies de mariage, les réunions, les « muziki », …Ils opèrent souvent dans les communes très peuplées de la périphérie. Maintenant, ils se permettent de s’afficher sans scrupule à des endroits fréquentés, sélect. Et comme l’appétit vient en mangeant, demain ils vont s’attaquer aux cambistes, aux banques, aux caisses d’épargne et agences de transfert d’argent. Kinshasa n’est pas loin du chaos. De l’autre côté, il y a la police, volontaire mais souvent dépourvue des moyens de sa politique.

 

 

Une police des gradés

 

 

 

 

 

La police nationale a pour mission essentielle de protéger la population civile et ses biens, de veiller au maintien de l’ordre public, à la paix ainsi qu’à la sécurité des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national. Or, à l’heure actuelle (en attendant que nous ayons les statistiques exactes), il s’avère que les effectifs de la police sont sinon stagnants au moins en baisse constante. Il n’y a pas eu de recrutement à grande échelle ces dix dernières années. Entre-temps, il y a eu des policiers décédés, retraités ou qui devraient l’être. Sur le plan pratique, les avancements successifs en grade font finalement que les policiers étoilés soient plus nombreux que la troupe. Or, c’est cette troupe dont on a besoin dans les rues de villes et des ruelles des cités et villages pour dissuader les apprentis délinquants et pour traquer les criminels.

 

L’une des conséquences vécues quotidiennement à Kinshasa est qu’on voit au carrefour des majors, des capitaines, lieutenants régler la circulation, intercepter les conducteurs auteurs d’infractions. Si ces officiers peuvent se le permettre le jour et en ville, ils sont rares à sacrifier leur repos nocturne et à patrouiller nuitamment dans les ruelles obscures et exposer leurs vies. Tâche dévolue aux policiers sergents, caporaux. Mais, même à ce niveau, il se pose le problème d’équipement et d’effectif. Les policiers disposent d’armes anciennes et en quantité insuffisante.

 

Leur mobilité est réduite et ne disposent pas de moyens de communication suffisants. En cas d’appel de détresse la nuit, les policiers ont des difficultés pour se rendre au lieu du crime et s’en remettent à la Police d’Intervention Rapide (PIR) parce que mieux équipée. Une fois de plus, celle-ci arrive en moyenne une heure plus tard pour constater les dégâts et conduire les victimes à l’hôpital, Sans être des prophètes de malheur, nous sommes d’avis que la modernisation de la police autant que son efficacité sur le terrain sont tributaires des équipements, des moyens, des salaires et de la motivation que le gouvernement doit impérativement mettre à sa disposition.

 

Fernand Mukaku Muke / L'Avenir.

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