Politique : Vaste fraude au Katanga. Hyperpsaro et SOCODAM impliqués...

Publié le par nsango04.over-blog.com

Le Katanga à genoux, Kinshasa complice : Vaste fraude impliquant Hyperpsaro et SOCODAM

 

 

 

La commission envoyée par Kinshasa s’est vue proposer une somme de 4 millions de dollars Us en lieu et place de 200 millions Usd qui devraient aller au trésor public. *Cette agence en douane, Socodam, opère avec une lettre couverture de certaines autorités de la DGDA, lettre qui permet de déclarer le sucre importé de la Zambie au taux de 250 Usd la tonne au lieu de 600 Usd la tonne. * Matata Mpoyo avait décidé la fermeture de cette agence, mais elle continue à opérer notamment à travers une permission d’enlèvement d’urgence de ses produits qui ne passent plus par la douane.

La Rdc a entrepris sa reconstruction. Cela n’est possible qu’avec l’augmentation de ses moyens budgétaires dont une grande partie lui vient des taxes et autres redevances. A ce jour, la douane est un de grands pourvoyeurs de fonds au trésor congolais. Il y a donc nécessité d’y veiller. On pensait effectivement qu’on y veillait.

 

 

Il est cependant regrettable de constater qu’à beaucoup de niveaux, on est loin de comprendre le souci du gouvernement. Ceux qui torpillent les efforts de l’Etat se recrutent aussi bien dans les milieux des opérateurs économiques privés à qui les autorités du pays font confiance que dans les services publics. Ce qui vient d’arriver au Katanga est un scandale qui permet au gouvernement de revoir toute sa stratégie de traquer les fraudeurs.

 

Le secteur douanier, depuis que le Congo est Congo, est toujours considéré comme réfractaire aux efforts de maximisation des recettes publiques. Mais, on a rarement fait état d’un aussi large réseau de fraude qui doit inquiéter. Car, on ne sait pas quels autres produits pouvant nuire à la sécurité du pays passent sous des étiquettes falsifiées. Il nous revient que d’importants produits d’importation de première nécessité sont à la base d’une large fraude au poste frontalier de Kasumbalesa dans la province du Katanga. Selon les premières investigations, sont accusés dans cette vaste opération de fraude, un grand opérateur économique du secteur de distribution des produits agro – alimentaire, la maison Hyperpsaro, une propriété de quelques ressortissants grecs et son agence en douane SOCODAM, société du député provincial du Katanga, le libano-congolais Nazem Nazembe.

 

Il nous revient en outre que Socodam, pour le compte de son client Hyperpsaro, sous-évalue les importations. Il lui arrive même de changer la dénomination des produits. Ainsi par exemple, sous couvert de la farine de maïs ou du sel de cuisine, il importe des produits comme du sucre, de la farine de froment ou de l’huile de table. Une commission, apprend-on de bonne source a été envoyée au Katanga par Kinshasa pour tirer cette affaire au clair. Cette commission s’est vue proposer une somme de 4 millions de dollars Us en lieu et place de la somme de 200 millions qui devrait aller au trésor public.

 

Pour revenir au fait pour une meilleure compréhension, le député provincial Nazem Nazembe opère avec son agence SOCADAM pour le compte de Hyperpsaro et importe certains produits dont du carburant, de la farine, l’huile de table,… En ce qui concerne le carburant, il est importé de l’Afrique du Sud pour le compte des operateurs miniers (mining) mais commercialisé sur le marché dans diverses stations services du Katanga. La farine de froment vient également de l’Afrique du Sud, mais au poste frontalier, elle est déclarée farine de mais ou sel de cuisine iodé. Question de payer moins, provoquant ainsi un manque à gagner pour le gouvernement congolais. C’est le même cas pour l’huile de table qui, curieusement en dépit de sa qualité liquide, est déclaré à la frontière comme de la farine qui est pourtant un corps plus ou moins solide. Toute cette supercherie ne serait pas possible sans une couverture en haut lieu des services de douane à Kinshasa. Comme on devrait s’y attendre, SOCODAM opère avec une lettre couverture de quelques autorités de la capitale au niveau de la DGDA. Cette lettre lui permet par exemple de déclarer le sucre importé de la Zambie au taux de 250 Usd la tonne au lieu de 600 Usd la tonne, prix que paient tous les autres importateurs congolais.

 

Ayant eu vent de cette pratique, le ministre des Finance du gouvernement central, Matata Mpoyo avait décidé la fermeture de cette agence. En dépit de cette fermeture, l’agence continue à opérer notamment à travers une permission d’enlèvement d’urgence de ses produits qui ne passent plus par la douane pour aller directement dans ses entrepôts. Conséquence, cette agence paye la douane avec retard et à vil prix au grand dam des autres importateurs congolais obligés de payer cash au guichet unique. Comme tout se passe dans ses propres entrepôts loin de tout œil scrutateur de qui que ce soit, cette agence en douane choisit les produits qu’elle veut bien déclarer. Généralement, il s’agit des produits qu’elle sait coûter moins chers. Ainsi donc, champagne, whisky et autres ne sont jamais déclarés. S’ils le sont, ce sous le nom d’autres produits taxés moins chers. Comme on devrait s’y attendre, les documents BIVAC sont des faux et disparaissent aussitôt qu’un inspecteur se pointe. Il suffit que les inspecteurs de Kinshasa déclarent les avoir vus pour que l’affaire soit réglée.

 

Les conséquences de cette fraude sont réelles. Elles frappent avant tout les opérateurs économiques congolais du Katanga. Car, ceux-ci se voient à genoux. Ils sont obligés avec leurs collègues du Kasaï, d’aller s’approvisionner chez Hyperpsaro qui du coup devient grossiste et à la tête d’un monopole non déclaré. Ceux qui accusent le coup plus que tout le monde, ce sont les opérateurs du secteur pétrolier. Ils sont obligés de ravitailler leurs stations services au gré des fournitures, si pas des humeurs aussi, de Hyperpsaro. On est étonné que devant tel gâchis, l’Etat congolais soit demeuré longtemps silencieux. Les commissions rogatoires travaillent en catimini et passent le plus clair de leur temps à négocier l’enveloppe à recevoir des fossoyeurs de l’économie du Katanga et partant de toute la Rdc. Aucune investigation n’est menée dans les pays partenaires de la SADC d’où proviennent les marchandises en question. Ce serait pourtant une meilleure façon de remonter à l’origine du manque à gagner. Il est démontré qu’il est facile par exemple, dans le cadre de la coopération entre pays de la Sadc, de demander les papiers en Zambie, au Botswana etc. Cela serait d’autant facile encore que dans tous ces pays, on récupère la TVA.

 

Faute de l’effort de ceux qui ont la charge d’endiguer la fraude, le pot aux roses a été découvert grâce à la perspicacité d’un compatriote, un particulier. Il avait fallu le courage d’un homme d’Eglise qui, ne comprenant pas comment le même article (sucre) venu de la même usine en Zambie était vendu plus cher chez lui que chez Hyperpsaro, s’est interrogé à haute voix jusqu’à faire des bruits. C’était le pas vers la découverte de la grosse magouille. Par rapport au comportement après la découverte de cette magouille, plusieurs questions brulent les lèvres des observateurs. Ainsi par exemple, pourquoi chercher à taxer seulement a partir de décembre 2011 alors que la fraude remonte à plus de dix ans ? Que dire de l’entreprise TFM (Tenke Fungurume Mining) qui a payé à l’Etat 16 millions de dollars pour tentative de fraude dans les visas de ses employés et pour une erreur dans le dédouanement de deux camionnettes ? Pourquoi arrête-t-on certains Congolais pour parfois des miettes et non ces messieurs qui saignent au quotidien l’économie nationale ? Pourquoi auraient-ils le droit d’être en liberté alors que leur place est en prison, sinon hors des frontières du territoire national pour les non Congolais ? Comme quoi, il faut en parler. Le débat est lancé et la « tolérance zéro doit se mettre en branle.

 

 

 

L’Avenir

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