Politique : Scandale au Maniema. Réhabilitation par le Gouverneur Tutu Salumu d'un Chef de secteur repris de justice.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Scandale au Maniema : Le gouverneur Tutu Salumu réhabilite un chef de secteur repris de justice

 

 

Un scandale est signalé dans la province du Maniema. Le gouverneur Tutu Salumu Pascal vient de réhabiliter le Chef de Secteur de Salamabila, M. Makombo Malumba. Celui – ci, jouit miraculeusement d’une liberté conditionnelle suivant l’arrêté du ministre de la Justice du 31 décembre 2010, pourtant accusé de détournement des deniers publics et des matériaux envoyés par le Chef de l’Etat, pour la construction de 250 maisons en faveur de 250 familles sinistrées de la cité de Kama – Kimbaseke, secteur de Bangu – Bangu Salamabila, en 2007.

 

 

Saisi, le TGI/ Kindu siégeant au premier degré en matière répressive, avait ordonné confiscation de ses biens, interdiction pour 5 ans après expiration de la peine du droit de vote et d’éligibilité, interdiction d’accès aux fonctions publiques et paraétatiques quel qu’en soit l’échelon, au paiement des dommages – intérêts de 10 000$ à la partie citante et aux frais entiers d’instance. Décision aujourd’hui foulée au pied. De quoi susciter colère des populations qui en appellent à l’implication du Chef de l’Etat, du Vice Premier Ministre et ministre de l’Intérieur ainsi que celle du ministre de la Justice.

 

La question que les uns se posent est celle de savoir pour quel intérêt le gouverneur précité devait – il procéder à la réhabilitation de M. Makombo, soulignant dans sa lettre au Procureur général de Kindu que ce dernier est l’auteur d’un « rendement positif au cours de l’exercice de ses fonctions » ? Si un détourneur condamné par le TGI de la même province est salué par l’autorité provinciale, c’est probable que ceux qui avaient sollicité et obtenu sa liberté conditionnelle, le 31 décembre dernier, en soient directement impliqués.

 

Comment en est – on arrivé là ?

 

Selon la source, c’est en date du 31 décembre 2010, en violation manifeste et flagrante de la loi N° 73 – 017 du 5 janvier 1973, loi qui exclut les auteurs de détournement, de concussion et de corruption du bénéfice de la mesure de libération conditionnelle, que M. Makombo « obtiendra frauduleusement du ministre de la Justice et Droits humains, sûrement induit en erreur, la mesure de libération conditionnelle (…) alors qu’un détourneur des deniers publics n’aurait nullement droit au chapitre ». M. le Gouverneur, sait pertinemment bien que le concerné avait été condamné notamment à l’interdiction d’accès aux fonctions publiques et paraétatiques 5 ans après l’expiration de la peine de servitude pénale principale.

 

De quoi réfléchir deux fois avec les ténors d’une thèse selon laquelle le chef réhabilité est un bouc émissaire dont la réhabilitation est une récompense après avoir servi de soupape aux gros poissons tant de Maniema que de Kinshasa, foulant tous leur doigt dans l’œil de Joseph Kabila qui prône la tolérance zéro, et le dépouillant de son électorat à la veille des présidentielles. En date du 23 avril, la population des BB Salambila a été surprise d’apprendre que le chef de secteur qu’elle avait vomi venait d’être réhabilité. « Ceci constitue un acte de sabotage de la politique du Président Joseph Kabila, auteur de la Tolérance zéro, cheval de batail du ministre Luzolo » ont –ils confié. C’est le cas de le dire : le chef de l’Etat poursuivra sa bataille afin de mettre un terme à l’impunité et au règne des intouchables.

 

Des plaintes s’accumulent

 

Actuellement, le conflit né à la suite de la réhabilitation de M. Makombo ressemble à un monstre à plusieurs têtes. Aux dernières nouvelles, c’est désormais la politique de ‘’diviser pour régner’’, que pratiquent le gouverneur et ledit chef de secteur. Des chefs des groupements sont systématiquement changés selon la volonté du gouverneur. Et même une campagne préélectorale est lancée à prix d’argent. Exaspérés, les populations de Salambila ont organisé une marche pacifique qui, malheureusement a été sauvagement réprimée mercredi dernier, dans la matinée. Bon nombre d’entre eux croupissent présentement dans les geôles, dans des conditions inhumaines. Une véritable chasse à la sorcière, qui veut que tout élément gênant soit mis hors d’état de nuire, est mise en place. Des conflits inter claniques jamais connus dans le coin sont signalés dans le secteur Salambila. Des frontières de groupements sont allégrement élargies en faveur des uns, sans passer par l’Assemblée nationale et le gouvernement central. Et même la semaine dernière, lors d’une conférence de presse, le ministre provincial de l’Information persistait et se moquait de ceux qu’il qualifie de ‘’détracteurs pour une cause perdue’’.

 

A cette allure, que nous réserve l’avenir dans cette partie du territoire national, à la veille des échéances électorales ? Le donateur, Joseph Kabila restera – t – il indifférent ? Aussi, le ministre de la Justice devra-t-il reprendre son pouvoir en main, appuyé par le Vice premier ministre de l’Intérieur, lui aussi déjà saisi de l’affaire et invité à ne pas se laisser induire en erreur en prenant un arrêté confirmant ledit repris de justice dans ses fonctions. Et ce serait justice.

 

 

 

B.M /L'Avenir

Commenter cet article