Politique : Que des méfiances et des réticences dans la majorité présidentielle après dissolution de l'AMP.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Par  Le Potentiel

 

 

 

 

 

 

Le changement du label AMP en MP, ne semble pas rassurer beaucoup de candidats à l'embarquement à bord de ce nouveau bâtiment qui sera mis à flots incessamment pour amener Joseph Kabila à rempiler. Si en 2006, l'accès à bord de l'AMP a été des plus faciles, cette fois-ci, les passagers broient du noir. Un voile semble envelopper les clauses du nouveau partenariat. D'où, méfiances et réticences sont-elles observées dans le chef de certains sociétaires de l'ex triumvirat AMP -UDEMO-PALU.

 

Ayant raté le coche au premier tour de l'élection présidentielle en 2006 face à un Jean-Pierre Bemba sous-estimé par les siens, Joseph Kabila a été obligé de ratisser large pour revenir en force au second tour et remporter le scrutin présidentiel. C'est qu'il avait tiré des leçons des limites de ceux qui s'étaient coalisés dans un premier temps pour le porter au pouvoir. Sa sagacité l'avait poussé à jouer à la prudence, en refusant d'être l'otage d'aucun parti politique, fut-il le PPRD (sa propre création), ni d'aucune plate-forme, en l'occurrence l'AMP (Alliance de la majorité présidentielle. Voilà qui a justifié la signature, entre les deux tours de la présidentielle de 2006, des accords politiques qui ont lié l'AMP, le Palu d'Antoine Gizenga et l'Udemo de François Nzanga Mobutu.

 

Cette coalition a fait du chemin, émaillé de hauts et de bas, jusqu'à la dernière réunion du 16 mars 2011 à Kingakati (Kinshasa) au cours de la quelle l'option a été levée de transformer l'AMP (Alliance de la majorité présidentielle) en MP (Majorité présidentielle). A en croire les fuites d'information organisées, la MP rompt avec le passé. C'est-à-dire qu'elle se présente désormais comme une plate-forme politique dotée d'une nouvelle charte et donc d'une nouvelle vision.

 

En clair, c'est un retour à la case départ. Anciens comme nouveaux membres, tous doivent se conformer aux nouveaux textes qui régissent la MP. Ils sont obligés, pour les premiers, de renouveler leur acte d'adhésion, la reconduction n'étant plus automatique. Elle est assortie de conditions qui valent autant pour les seconds.

 

Dans la foulée, il est fait état, entre autres obligations, de confirmation de son adhésion à la MP par la justification d'assises populaires réelles et appréciables. En termes mathématiques, le parti politique candidat devra compter au moins cinq députés nationaux et provinciaux et quelques sénateurs.

 

Autre conséquence à tirer de cette nouvelle donne c'est que tous les accords signés avec l'AMP tombent caducs, celle-ci ayant cessé d'exister. Toutes ces déductions et interprétations ont mis les anciens sociétairesde même que les alliés de la défunte AMP dans une position inconfortable. D'autant que, à la réunion du 16 mars 2011 à Kingakati, seule une trentaine de membres de l'AMP triée sur le volet et sur un critérium non dévoilé à ce jour, a pu siéger et décider en lieu et place de toute la plate-forme. Il semble que même l'allié principal, le Palu, n'avait pas été associé à cette rencontre qui a sanctionné la mutation de la coalition au pouvoir.

 

Les réactions n'ont pas tardé. Le RCD/K-ML, membre fondateur de l'AMP, a été le premier à donner de la voix. Dans une déclaration politique de son Conseil politique national (CPN), le parti de Mbusa Nyamuisi dit s'être attardé au cours de sa réunion du 19 au 21 mars 21 sur la question de la transformation de l'AMP en MP. S'agissant du projet de la charte de la MP, il dit s'en référer au Congrès de son parti, lequel sera convoqué aux fins d'examiner la possibilité de se conformer ou pas.

 

C'est le secrétaire permanent du Palu, Godefroid Mayobo qui a donné la position de son parti. Il a dit avoir appris comme tout le monde la décision prise à Kingakati et en prenait acte. Toutefois, son parti attend d'être saisi officiellement par leur alliée AMP. En filigrane, Godefroid Mayobo a laissé entendre que le Palu ne voudrait pas s'empresser à croire en la rupture des accords signés en 2006 avec l'AMP. Et que, si jamais cela se confirmait, les organes compétents de son parti se réuniraient pour statuer et se prononcer officiellement.

D'autres membres de l'AMP, du fait de leur poids politique moindre, n'ont pas voulu s'exprimer à haute voix.

 

Ces quelques réactions dénotent d'un climat d'inquiétude au sein de la coalition au pouvoir. Tous sont anxieux par la perspective de la redistribution des cartes avant les élections. Et même après une éventuelle victoire de leur camp. Leur anxiété est d'autant plus grande qu'ils trouvent corsées les conditions posées pour adhérer à la MP. Aussi ne va-t-on pas vivre un engouement au portillon de la MP. Les uns se méfient, les autres se réservent.

 

Prenant en compte tout ce climat créé par l'annonce de la nouvelle plate-forme politique de Joseph Kabila, certains analystes s'interrogent sur les non-dits de cette initiative qui prend tout le monde au dépourvu à un moment aussi crucial que la veille des échéances électorales. Que cachent Joseph Kabila et le PPRD ? Voudraient-ils écarter les partenaires politiques d'hier devenus gênants aujourd'hui ? Pourraient-ils, sans l'apport des partenaires de 2006, gagner l'élection présidentielle prochaine du fait qu'elle a été ramenée à un seul tour ? Qu'est-ce qui pourrait les rendre si sûrs d'eux ? Ceci pouvant expliquer cela, auraient-ils conscience du report de ce scrutin au-delà de 2011?

 

Tout ce questionnement vaut son pesant d'or. Car, il s'agit de rassurer quant à la poursuite et l'aboutissement heureux du processus électoral en cours qui exige l'implication de toute la classe politique et le respect des règles du jeu. Les inquiétudes des sociétaires de l'AMP et Alliés risquent de devenir celles de la population congolaise. Cela ne serait pas un bon signe.

 – Louis Koyagialo, secrétaire exécutif adjoint de l'alliance de la majorité présidentielle. Photo nyota.net  Louis Koyagialo, secrétaire exécutif adjoint de l’alliance de la majorité présidentielle. Photo nyota.net
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