Politique : Procès Chebeya. Que des contradictions entre le médecin légiste et la police scientifique.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 

Par Donatien Ngandu Mupompa / Le Potentiel.

 

 

 

 

 

La vérité est difficile à découvrir quant aux circonstances ayant entraîné le décès de Floribert Chebeya. Pour le médecin légiste, cela est dû à l'association de deux pathologies, mais la police scientifique soutient qu'il y a eu torture.

 

Hier lundi 7 mars 2011, six renseignants ont comparu à l'audience qui oppose le ministère public aux assassins présumés des défenseurs des droits de l’Homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana : le médecin légiste colonel Tshomba, le major François Nkuna de la police scientifique, le chef de localité Kasongo Henri, le Camerounais Gomer Martell et trois policiers qui l'avaient escorté le 1er juin 2010 au siège de l'Inspection générale de la police.

Premier à comparaître, le médecin légiste colonel Tshomba a continué à soutenir, comme à l'audience précédente, que Floribert Chebeya a connu une mort subite suite à l'association de deux pathologies du cœur connues en médecine sous les vocables de " Dysphasie arithmogène " et " Myocardie lymphocytaire ". Selon cet expert, la première qui est héréditaire s'aggrave avec de l'âge et imprime au cœur un rythme irrégulier. Quant à la deuxième, elle est due à virus qui attaque le muscle cardiaque. Avec l'association de ces deux pathologies, on tombe en syncope dès que l'on a le stress et la mort s'ensuit. En résumé, le médecin légiste est reste catégorique en affirmant que le décès de Chebeya n'a été provoquée par aucune torture, et ce ne sont pas les lésions superficielles constatées aux poignets et aux jambes qui pouvaient entraîner la mort.

 

Appelé à son tour, le commissaire principal François Nkuna de la police scientifique a maintenu sa position pour expliquer que quand ils sont descendus sur le lieu du crime avec son équipe, ils ont pris des photos et recherché des indices. Ils sont passés ensuite à l'examen du corps et à l'étude du mode opérationnel utilisé par les criminels. Dès que le corps a été évacué de la voiture, ils ont remarqué des lésions aux bras et aux jambes, dues sûrement aux menottes ou aux cordes. En outre, le sang coulait de la bouche.

 

Aussi, le commissaire principal Nkuna est convaincu que le cou de Chebeya a été tordu. C'est ainsi qu'a rebondi le problème de la rigidité cadavérique évoquée par le colonel médecin Tshomba. Selon l'expert Nkuna de la police scientifique, la rigidité cadavérique commence par le muscle qui relie la tête au reste du corps. Mais dans le cas de Floribert Chebeya, la tête tournait dans tous les sens. Ce qui prouve que cette rigidité cadavérique a été stoppée par un élément extérieur.

 

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