Politique : Procès Chebeya. L'Inspecteur Kahozi auditionné au sujet du communiqué du 2 juin 2010.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

Après la découverte du corps de Chebeya, la police a allégué qu’il n’y avait pas de traces de mort violente. Le renseignant Jerry Kahozi nie avoir participé à la rédaction du communiqué mensonger.

 

Hier lundi 31 janvier, cinq renseignants ont comparu devant la Cour militaire de Kinshasa/Gombe dans le procès qui oppose le ministère public aux assassins présumés de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana : la commissaire principale Cécile Kasongo, le Camerounais Gomer Martell, l’expert Antoine de la société de téléphonie cellulaire Tigo, Olivier Kungwa de la Voix des Sans Voix et enfin, l’inspecteur Jerry Kahozi, chef du département des renseignements à la DRGSS et adjoint de l’inspecteur principal Daniel Mukalay.

 

De tous ces renseignants, c’est le major Jerry Kahozi qui a semblé être indomptable. Non seulement il a réclamé le huis clos, mais il est allé jusqu’à menacer qu’il se réservait le droit de poursuite contre tout organe de presse qui le présentera en tenue de la police. Heureusement pour l’opinion, le huis clos n’a pas été décrété, mais le premier président Masungi a prié les cameramen de ne pas prendre des images.

 

A la question de la Cour militaire de savoir comment il a appris la mort de Floribert Chebeya, le renseignant a presque bravé les juges en rétorquant qu’il ne peut pas parler du fonctionnement des services. Comportement qui n’a pas plu aux avocats de la partie civile, et le bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba a spontanément réagi en déclarant qu’il n’est pas normal qu’une personne vienne avec tant d’arrogance. Surtout qu’il y va de l’intérêt de la justice.

 

Revenu aux bons sentiments, le renseignant a expliqué qu’il a reçu l’information par la voix officielle qui part du chef du point focal chargé de centraliser toutes les informations. Néanmoins, a-t-il dit, il n’a pas fait partie de la commission d’enquête instaurée par le colonel Daniel Mukalay.

 

Lorsque la Cour lui a fait remarquer qu’il s’est retrouvé au bureau de papa Mukalay chargé de la presse pour empêcher qu’on fasse le communiqué de presse, le renseignant Jerry Kahozi a dit qu’il est allé là le 2 juin 2010, et il était question qu’il puisse voir si ce communiqué était conforme. Et un communiqué était déjà rédigé avant son arrivée. Il a précisé : « J’ai reçu l’ordre de ma hiérarchie, l’inspecteur principal Daniel Mukalay ». Au sujet de ce communiqué destiné à l’opinion, la Cour a fait voir au renseignant qu’il y a eu le point de vue du colonel Van Idiba de la police scientifique, et l’autre qui voulait établir qu’il n’y a pas eu violence dans le décès de Floribert Chebeya.

 

Là-dessus, l’inspecteur Jerry Kahozi a soutenu que lorsqu’il est arrivé au service de presse de l’Inspection générale de la police, il n’a pas trouvé un débat dans ce sens. Il a aussi ajouté qu’il n’a pas participé à la confection d’un quelconque communiqué. Il a précisé à l’attention des juges militaires : « La question, c’est par rapport à deux communiqués différents. Je soutenais celui du général Jean de Dieu Oleko, qui était plus explicite et plus exhaustif. Mais pas celui de l’inspecteur Van Idiba. Réaction de la Cour : « Pourtant, vous avez vu les photos où il y avait des traces de violence… ». Devant cette remarque, le renseignant a déclaré qu’il n’avait pas encore vu les photos.

 

S’étant levé, le ministère public a demandé : « Plus explicite et plus exhaustif en quoi ? ». A cet effet, l’organe de la loi a relevé que le renseignant Jerry Kahozi a été envoyé par le colonel Daniel Mukalay pour aller prendre les photos où il y avait des traces de violence, pendant que le communiqué soutenu par lui dit : « …Sans aucune trace visible de violence ».

 

En guise de réaction, le renseignant s’est ainsi défendu : « Je ne suis pas enquêteur. Je n’ai pas vu le corps. Je n’avais aucune qualité pour dire que ce n’était pas comme ça ». Selon le renseignant, son rôle se limitait au plan communicationnel.

 

Donatien Ngandu Mupompa / Le Potentiel.

  

 

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