Politique : MLC contre MLC le mercredi 11 mai prochai au Tribunal de Grande Instance de la Gombe.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 Le chairman et son ex SG s'affrontent. Jean Pierre Bemba et François Muamba, désormais la dualité ?

 

 

La deuxième puissance politique de la RD-Congo traverse la plus grave crise de son existence. Elle fait l'objet d'une dispute entre les partisans rangés du côté du président et ceux alignés derrière le secrétaire général limogé. L'emportera celui qui aura avec lui le plus grand nombre d'élus et de membres fondateurs.

Au Mouvement de libération du Congo -MLC-, la bataille du leadership et du contrôle de l'appareil du parti est engagée. Elle a inévitablement débouché sur la dualité entre le président national empêché Jean-Pierre Bemba Gombo et le secrétaire général et président national ai déchu, François Muamba Tshishimbi. Formellement, la décision du limogeage de Muamba pose problème dès lors que le secrétaire général faisant fonction de président national, alors qu'il était présent à Kinshasa, a été contourné par son propre adjoint Thomas Luhaka Losendjola qui, au mépris des statuts et du règlement intérieur du MLC, a convoqué le Collège des fondateurs et l'a fait destituer. 

Muamba a certes la légalité confirmée du reste par les signataires du mémo qu'il a réunis le mardi 19 avril 2011 à sa résidence de l'avenue Kalemie, à Gombe. Ils ont déploré la convocation irrégulière du Collège des fondateurs et déclaré nulle la mesure de sa révocation. Mais il n'a plus la légitimité politique d'autant plus que le MLC, comme l'UDPS à Tshisekedi, le PPRD à Kabila ou l'UNC à Kamerhe, s'identifie à Bemba. Le débat de légalité et de légitimité fait désormais rage entre les deux ailes du MLC. L'emportera, celui qui aura le plus grand nombre d'élus et de membres fondateurs avec lui. 
 Le camp François Muamba a réagi au coup pour coup. Regroupés le 19 avril à la résidence de leur meneur, les parlementaires du MLC auteurs du mémo de la crise ont clairement rejeté la décision du Collège des fondateurs prise la veille et pris position en faveur de Muamba. Prouvant qu'ils n'entendent pas reculer, ils réaffirment une fois de plus que le MLC demeure un patrimoine commun, un parti national et démocratique, ajoutant qu'il reste un lieu privilégié et par excellence «où doit régner le respect des règles de droit, sans complaisance ni faux-fuyants». Les 18 élus signataires du communiqué de presse sanctionnant la rencontre déclarent nulle l'éviction de Muamba pour défaut de qualité de la personne qui a convoqué le Collège des fondateurs. Tout en invitant leurs autres collègues et cadres du parti de s'inscrire dans leur démarche qualifiée par eux-mêmes de salvatrice pour le parti, les signataires  affirment réitérer leur confiance à Bemba ainsi qu'au secrétaire général et président ai Muamba. Ça y est. Le décor du choc, de la coexistence conflictuelle est bel et bien planté. Né patron, entrepreneur, habitué à commander, alors qu'il n'a que rarement joué le rôle d'exécutant, Bemba est défié dans sa propre cour. Il s'est certainement trompé de monde en venant en politique, un terrain propice à l'esprit de partenariat. Après les épisodes Lunda-Bululu, Kamitatu, Alexis Thambwe, José Endundo… où il était sorti victorieux, Bemba est en train d'être contraint de partager une vision et un projet communs avec les autres. Le chairman a certainement une vision, mais celle-ci est fortement marquée par son esprit entrepreneurial. Travailler avec lui implique docilité. La résistance engagée par le groupe de Muamba est une dure épreuve pour lui.  Formellement, la décision du limogeage de Muamba pose problème dès lors qu'il séjournait à Kinshasa quand Luhaka, au mépris des statuts et du règlement intérieur du MLC, a déclenché le processus de sa destitution, sur instigation du chairman écroué à la Haye. La légalité dont il se prévaut se justifie. Il a été réconforté dans ses convictions par la position d'une vingtaine de parlementaires signataires du mémo qui lui ont renouvelé leur attachement. Mais sa faiblesse est désormais la légitimité qui lui fait défaut, car affirmer qu'il a été évincé par la volonté personnelle de Bemba est un secret de polichinelle. Face à la volonté de Muamba de prendre ses responsabilités et de faire triompher sa thèse, devant le refus de Bemba de considérer qu'il est réellement empêché et de s'effacer au profit de son second, la réalité est implacable: l'issue possible de cette bataille est celle d'assister à l'existence de deux ailes antagonistes du MLC, l'une légale et l'autre légitime.

Duel des fauves

Le fait que le Collège se soit réuni avec plus ou moins 20 membres fondateurs -lire décision en fac-similé en page 3- aurait pu être un désenchantement pour Muamba qui, pour avoir organisé et conduit les dernières mises en place dans les instances du MLC, devait compter sur ses hommes à lui. Mais le SG a fait une belle riposte. Il a réussi à réunir presqu'autant d'élus et démontrer qu'il a des tentacules au sein de l'appareil du parti. Jusque-là, le chairman et son SG s'affrontent à armes égales. Mais la seule crainte, pensent certains analystes, est que Muamba n'ait pas la main mise sur toute la base du parti. La bataille décisive aura lieu au moment de fédérer le gros de la troupe. Pour avoir cependant prévu l'éventualité de sa déchéance depuis plus de six mois, comme on l'a appris de certaines sources, Muamba donne les assurances de quelqu'un qui a conçu un schéma dont il a la maîtrise. Sa promesse de faire la résistance est donc compréhensible. Et entre Bemba et lui, c'est désormais le duel des fauves. A ce jour, le MLC est une machine à la disposition de quiconque peut la manœuvrer pour ses propres intérêts ou ceux du groupe de son obédience. La même logique avait déjà prévalu à l'époque de la transition 1+4. Bemba en avait profité pour se hisser au rang de vice-président avant de briguer le strapontin présidentiel. Muamba s'en était servi pour diriger le ministère du Budget et être à la fois à ses commandes simultanément avec celles des groupes parlementaires du parti et de l'opposition à l'Assemblée nationale. Luhaka a bénéficié de son aura pour remplacer Kamitatu au perchoir. Ancien dircab de Bemba, Fidèle Babala, pourtant président de sa propre formation politique, en abuse souvent, à en croire les informations publiées par le confrère CONGO NEWS. En dehors de cette autre réalité, les tiraillements actuels au sommet du parti l'enfoncent davantage dans l'incurie. Selon un ancien membre du parti entré dans la dissidence, des militants découragés prennent par vagues les cartes des partis concurrents, notamment l'UNC de Kamerhe. A défaut de voir Bemba rempiler, ces militants auraient choisi de céder leurs suffrages à un outsider qui, pour cette fois-ci, risque de ne jouer que le rôle de figurant en face de Kabila et Tshisekedi. Avec cette crise dont l'issue est incertaine, se dessine petit à petit la nouvelle carte électorale de 2011 qui pourrait se jouer en défaveur du MLC et son leader.

                                                                                                           Achille Kadima Mulamba 

UN PROCES QUI FAIT GRAND BRUIT. Les 10 acteurs-clés de l'Affaire MLC.

 

 

 

Voici les protagonistes du procès des membres du parti bembiste qui s'ouvre le 11 mai 2011 au TGI / Gombe et qui oppose des frères désormais ennemis d'une même famille avec l'entrée en scène d'un autre poids lourd nommé Constant N'Dom jusque-là resté à l'écart.

L'aile dite extrémiste du MLC incarnée par le quatuor Bemba-Bombole-Busa-Babala-B4- a de gros ennuis. Elle va devoir affronter devant un juge la branche légaliste du parti conduite par le secrétaire général et le président ai François Muamba Tshishimbi.

Renforcé par 6 autres membres fondateurs du MLC, Muamba a assigné en justice Thomas Luahaka, son successeurs désigné par le B4. inscrite sous le numéro RC 105064 au greffe du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, la plainte vise à faire constater la nullité de la décision considérée d'illégale par Muamba et les siens ainsi que celle d'autres actes qui en découlent,  notamment la nomination de Luhaka au poste de secrétaire général du MLC.

Ce procès spectaculaire débute le 11 mai 2011 mais il fait déjà grand bruit en raison de l'identité des protagonistes et des enjeux. Les personnages, D'un côté, deux prévenus, Thomas Luhaka et le MLC.

De l'autre, les plaignants, sept au total, sept redoutables membres du Collège des fondateurs du parti bembiste décidés d'en découdre avec leur président national emprisonné et ses affidés présents au pays: outre Muamba, le secrétaire général joint Constant N'Dom Nda Ombel apparaît pour la première fois au grand jour dans ce conflit.

Leur équipe est renforcée par Augustin Baharanyi, un des militants de la première heure, ainsi que les députés nationaux Denis Kashoba, Jean-Pierre Tshimanga Buana, Elvis Mutin wa Bashara et Alex Kande Mupompa. Autre acteur de taille, Me Jean-Joseph Mukendi, avocat près la Cour suprême de Justice -CSJ-, conseil des demandeurs. La scène sera complète avec la publication des noms des juges et des avocats de la partie accusée. Les enjeux : le contrôle, à quelques mois des élections, du parti dont Muamba se dit un dès coauteurs des statuts -avec l'ancien secrétaire général également viré Olivier Kamitatu et la désignation de son candidat à l'élection présidentielle. L'heure de vérité approche. Elle promet d'être mortelle.

On n'en veut pour preuve ce quasi défi que Jean-Lucien Busa, l'idéologue du MLC lance à Muamba en réaction à sa plainte : «Nous sommes en démocratie. Et les propriétaires du MLC sont les fondateurs dont 20 sur 30 ont désavoué l'ancien secrétaire général sensé tirer toutes les conséquences. Je me demande même comment quelqu'un qui continue de se proclamer secrétaire général et président ai du MLC peut aller en procès contre son propre parti », déclare Busa avant de poursuivre : « En réalité, Muambane représente que l'ombre de lui-même. Si sur 102 élus MLC recensés à Kinshasa, seulement 5 députés nationaux et un député provincial ont répondu à son appel, cela prouve qu'il n'a pas le soutien dont il se prévaut. Si les juges sont justes, je vous assure que Muamba sera débouté ».

Le triomphalisme de Busa se heurte à l'ardeur de Muamba. S'il n'a pas un Pla B, concrètement celui de lancer son propre parti politique comme l'ont fait Kamitatu ou Vital Kamerhe, devenus patrons de leurs propres partis après avoir quitté respectivement le secrétariat général du MLC et du PPRD, ou s'il n'est pas conscient de faire son baroud d'honneur, Muamba qui a déclaré être, en vertu des articles 46 et 48 des statuts du MLC, le seul secrétaire général et président ai du parti et le seul à engager ce dernier, a vraiment juré de se battre aux couteaux.

En première, AfricaNews publie la liste de 10 personnages clefs déjà connus et les raisons de leur présence au procès. 

Les prévenus Thomas Luhaka Losendjola

L'ancien successeur d'Olivier Kamitatu au perchoir de l'Assemblée nationale 1+4 est celui-là même qui a été désigné pour donner le coup d'estocade à François Muamba en convoquant le Collège des fondateurs, selon le camp du SG déchu, en violation des statuts et du règlement intérieur du MLC.

Pour ses accusateurs, sa désignation au poste de secrétaire général du MLC est illégale au même titre que l'acte qui l'a occasionnée, notamment la convocation de la réunion du Collège des fondateurs du 18 avril 2011.

MLC

Le Mouvement de libération du Congo -MLC-, deuxième force politique de la RD-Congo, est traîné devant un juge parce que c'est à son nom que Thomas Luhaka a réuni la session extraordinaire du Collège des fondateurs qui a conduit à la défénestration de François Muamba et sa propre désignation en qualité de secrétaire général. 

Les plaignants François Muamba

C'est, l'acteur principal du procès. Député de Kabeya Kamwanga du Kasaï oriental, le secrétaire général indésirable, limogé pour avoir pris faits et causes pour les signataires du mémo du 30 mars 2011 demandant la convocation du congrès en vue de la désignation, à tous les niveaux, des candidats du parti aux prochaines élections.

Il a refusé de se plier à cette décision qu'il qualifie d'illégale et qu'il attaque en justice. Il se considère toujours comme étant le SG et président ai du MLC.

En c'est à ce double titre qu'il projette d'organiser le congrès du parti en juin 2011.

Ancien membre de l'UDPS, Muamba a été un des proches collaborateurs du maréchal Mobutu et ancien ministre 1+4 du Budget. 

Constant N'Dom

Proche de Pierre Mulele, ancien ministre vice-ministre sous Mobutu, ministre de l'EPSP puis de l'Agriculture sous 1+4, Ndom, député élu d'Idiofa, dans le Bandundu, là où Jean-Pierre Bemba avait réalisé son meilleur score à la présidentielle de 2006, n'est pas signataire du fameux mémo du 30 mars 2011 mais conteste lui aussi la décision de déchéance de François Muamba et le schéma mis en place pour y parvenir, estimant que le parti va à la dérive. Son engagement aux côtés de Muamba prouve qu'il a désormais choisi son camp.

Augustin Baharanyi

Ingénieur électromécanicien, enseignant à l'ISPT et expert à la Coopération technique belge -CTB-, ce membre fondateur et membre du Comité exécutif originaire du Sud-Kivu a rallié l'ex-ALC le 31 juillet 1999 à Beni pendant la période de maquis, précisément à l'époque où le mouvement a fait alliance avec Mbusa Nyamuisi. Sa présence aux côtés de Muamba constitue une grande caution morale pour ce dernier. Baharanyi se dit légaliste. Il s'appuie sur la théorie de l'acte contraire pour défendre Muamba officiellement nommé SG en 2005.

Denis Kashoba

Cet ancien vice-ministre du gouvernement 1+4 et député élu de Katanga est aussi un des auteurs du mémo du30 mars 2011.

A ce titre, il entend défendre sa thèse jusqu'au bout.

Alex Kande Mupompa

Meilleur score à l'issue des législatives nationales de juillet 2006 à Kananga, ancien directeur de cabinet de François Muamba, candidat gouverneur MLC défait au Kasaï occidental et homme d'affaires prospère, Kande a toujours partagé la vision de Muamba, son ami de longue date. Kande est un des signataires du mémo du 30 mars 2011. Par souci de légalité et par orgueil personnel, cet homme qui a travaillé à faire accepter le MLC, au Kasaï dit, selon ses proches, pouvoir jamais tolérer l'imposture que constitue l'éviction forcée de Muamba.

Elvis Mutin wa Bashara

Ancien conseiller du Premier ministre Kengo wa Dondo dans la crise des réfugiés Hutu Rwandais au Kivu, ancien journaliste président de l'ex-UPZA, délégué à la Conférence nationale souveraine -CNS- et député élu du MLC au Nord-Kivu, Mutiti fait partie des rédacteurs et signataires du mémo du 30 mars 2011. sa longue lutte pour la liberté l'a naturellement conduit dans la faction qui soutient Muamba.

Jean-Pierre Tshimanga

Egalement signataire du mémo du 30 mars, ce RDCongolais jadis résident au Canada est originaire de Tshikapa où il s'est fait élire député national en 2006. pendant la transition 1+4, Tshimanga a été tour à tour Directeur général du Centre d'expertise et d'évaluation des matières précieuses, l'actuelle CEEC, ancien vice-ministre du portefeuille et secrétaire exécutif de la Commission ECOFIN dirigée par Jean-Pierre Bemba.

Parmi les avocats, Me Mukendi wa Mulumba

Conseil de Muamba et compagnons, le bâtonnier s'est refusé à tout commentaire. A AfricaNews qui voulait avoir des explications techniques sur la plainte déposée contre le MLC, Me Mukendi a eu ces mots : «Je suis conseil de ces membres fondateurs du MLC. Je ne peux pas commenter sur cette affaire dès lors que le procès n'a pas encore débuté ». Me Mukendi est également conseil de Floribert chebeya et Fidèle Bazana.

                                                                                                                                      AKM

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