Politique : Langage des sourds entre la CENI et l'UDPS.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Langage des sourds, Ceni - Udps : L’Udps demande davantage de pression sur la Ceni

 

 Ceux qui ont la charge du maintien de l’ordre public ont-ils le contrôle de tous les éléments afin d’éviter qu’un jour, un policier, pour des motivations autres que le maintien de l’ordre, donne à l’Udps l’arme de ce combat qui n’a rien à voir avec l’organisation et la tenue des élections ?

 

Comme promis, une délégation de l’Udps et de la Dynamique Tshisekedi Président accompagnée d’une foule de militants de l’Udps, est allée à la rencontre du bureau de la Ceni. Dès le départ, il était clair que cette délégation n’est pas allée pour un compromis. Car, avant même d’avoir parcouru les réponses que la Ceni a réservées au mémo de son parti, le Secrétaire général de l’Udps a déclaré qu’ils ne sont pas satisfaits des réponses de la Ceni. Il a ajouté que son parti politique va prendre ses responsabilités. « Nous allons agir », a-t-il lancé. C’est le même langage qu’il a tenu en s’adressant à la foule qui attendait dehors en lui demandant de maintenir la pression. Qu’entend-on par agir ? C’est la question. Apparemment, le siège de la Ceni est en train d’être transformé en lieu de la genèse de la révolution à l’udpsienne. L’Udps est allée avec un autre cahier de charges, à savoir, la demande de la libération de ses militants à la Ceni et de poser le problème du décès d’un militant ainsi que des blessés. Il faut pourtant ajouter à cette liste des policiers blessés ainsi que des véhicules incendiés. A ce sujet, le bureau de la Ceni a été clair. La Ceni ne gère pas la police. Même les policiers blessés à cette occasion autant que des propriétaires des voitures incendiées savent à quelle porte frapper. Qui vient à la Ceni se trompe de porte. Il en est de même des personnes arrêtées, dont beaucoup ont été prises après la manifestation, pillant et se donnant à beaucoup d’autres actes de vandalisme. Rappelons, au sujet de cette manifestation du 4 juillet 2011, que l’Udps dit à qui veut l’entendre que son objectif était de déposer le mémo. Une façon pour ce parti politique de rejeter l’initiative de la violence sur les éléments de la police. Dans l’opinion, on se pose beaucoup de questions à ce sujet au point de se demander si pour déposer un mémo on avait besoin de faire défiler des gens à poils. De même, du côté de la police, on dit avoir arrêté entre les mains de certains manifestants des bouteilles pleines d’essence qui ont servi entre autre à incendier une voiture taxi et une jeep de la police.

 

Qui a fait quoi ?

 

Dans certains milieux de l’Udps, on argue ne pas reconnaître les personnes qui étaient armées de ces cocktails Molotov. Il s’avère que les porteurs de ces cocktails Molotov comptent parmi les personnes arrêtées par la police. En allant les réclamer à la Ceni, l’Udps ne revendique-t-il pas, par ricochet, les actes posés par ces personnes ? C’est la question que plus d’un se posent. La rencontre d’hier lundi 11 juillet 2011 entre les militants de l’Udps et le bureau de la Ceni s’est terminée en queue de poisson. L’Udps a promis de réclamer la libération de ses militants dans la rue. Dès ce mardi matin, ont-ils promis, ils seront dans la rue pour exiger la libération de leurs militants. Chantage ou vraie menace à l’ordre public ? Il y a lieu de lier les faits pour bien les comprendre et envisager les conséquences.

 

La finalité du mémo, c’est quoi ?

 

L’Udps avait déposé un mémo dans lequel ce parti politique exprimait certaines inquiétudes et posait des questions. Nous publions à la page 13 de cette édition, les inquiétudes de l’Udps et les réponses de la Ceni. Apparemment, le mémo n’apporte aucun fait appuyé par des preuves. Mais le rôle de la Ceni, c’est de répondre à toutes les inquiétudes et à toutes les questions, même celles posées de mauvaise foi. Le bureau de la Ceni s’est donc mis à rencontrer les inquiétudes de l’Udps qui, apparemment, au regard de ce qui s’est passé hier lundi, n’est pas dans la logique du dialogue. Le dimanche 10 juillet 2011, le pasteur président s’est disponibilisé pour aller déposer cette réponse au mémo de l’Udps en mains propres. L’Udps a rejeté cette démarche du président de la Ceni. Après plus d’une démarche, étant donné que le secrétaire général de ce parti politique s’est fait injoignable en fermant son téléphone, on a joint le porte-parole de Etienne Tshisekedi qui a demandé que la réponse au mémo soit déposée au siège du parti dans la commune de Limete. Mais, lorsque le président de la Ceni est arrivé sur place, le siège de l’Udps était fermé. Daniel Ngoy Mulunda qui a opté pour le dialogue et la concertation avec les partenaires aux élections, visiblement désabusé, a pris l’opinion tant nationale qu’internationale à témoin. C’était le dimanche 10 juillet 2011. Cela ne l’a cependant pas empêché d’accueillir hier lundi la délégation de l’Udps avec un nouveau cahier de charges, à savoir la libération de ses militants. Au regard de l’articulation de ces événements, on voit venir l’Udps. Il revient à ceux qui ont la charge d’assurer l’ordre public de se mettre en position de lire la suite des événements et d’anticiper.

 

Ce qu’il faut craindre

 

Au journal L’Avenir, nous avons souvent mauvaise langue. Lorsqu’on voyait venir le Mlc, nous avions prévenu sur la guerre en pleine ville de Kinshasa avec le cimetière de la Gombe comme théâtre important de ces événements. Nous avions dénoncé des caches d’armes dans ce cimetière et dans la résidence officielle de l’ex-vice-président de la République en charge de l’Ecofin. Le leader du Mlc nous avait intenté un procès, mais les faits se sont vérifiés sur le terrain. La ville de Kinshasa avait passé des moments de terribles angoisses en ce mois de mars 2007. Ce n’est pas par hasard que le dépôt du mémo de l’Udps a concordé avec la tenue à Kinshasa de la 37ème session parlementaire de la Francophonie. L’Udps voulait quelque chose qui pourrait avoir un réel retentissement dans les milieux parlementaires francophones. Bien que cela ait ressemblé à un pétard mouillé, l’Udps n’est pas prêt à baisser les bras jusqu’au jour où il aura gain de cause. Il faut éviter qu’un jour, un policier, pour des motivations autres que le maintien de l’ordre, donne à l’Udps les armes dans ce combat qui n’a plus rien à voir avec l’organisation et la tenue des élections. La question que l’on se pose, c’est de savoir si l’on a le contrôle de tous les éléments envoyés sur le terrain pour maintenir l’ordre public. En ce moment où l’Udps multiplie les marches, il y a lieu de s’instruire de cette sagesse millénaire : « Tant va la cruche à l’eau, elle se casse ». On ne le dira jamais assez. Tant que Joseph Kabila sera dans le bon, tant que ce gouvernement tiendra bon en faisant tout dans le respect des lois et de l’opinion internationale, l’Udps se sentira désarmé. Son combat, c’est qu’avant les élections, Joseph Kabila se trouve dans la position où se trouvait Mobutu en 1990. A-t-on conscience de cette nasse que tisse l’Udps ? Que fait-on pour l’éviter ?

 

Plus de communication que du gaz lacrymogène

 

L’autre aspect de la question, pas de moindre, c’est la communication. Il faut que ce qui arrive soit expliqué à l’opinion tant nationale qu’internationale. Pour ce faire, on doit aller plus loin que la simple information. Le porte-parole du gouvernement se coupe en morceaux pour rétablir les faits. Il joue le rôle que le gouvernement attend de lui avec des moyens qui sont les siens. Il y a lieu de mettre plus de moyens afin de faire plus. Car, il y va de la garantie de sécurité en cette période électorale. On pourra tout faire, tout préparer, tout financer, si on ne neutralise pas - par une communication responsable – cette tendance à lier Ceni et gouvernement, Ceni et police, Ceni et adversaires politiques, si on continue à voir la tricherie partout, les élections apaisées ne seront qu’un vœu pieux. Nous voulons bien que notre mauvaise langue soit démentie cette fois. C’est faisable.

 

 

L’Avenir

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