Politique : La Majorité Présidentielle tout droit vers la catastrophe.

Publié le par nsango04.over-blog.com

 Départages sur les alliés La Majorité tout droit vers la catastrophe

 

 

De gauche à droite, Etienne Tshisekedi wa Mulumba et Vital Kamerhe.

 

Signes évidents : la campagne tout à fait structurée et organisée menée par les Opposants conduits par le trio Tshisekedi-Kamerhe-Kengo renforcée par la relance de Bemba et les frustrations qui s'accumulent dans le camp présidentiel du fait de la promotion par un parti d'une loi électorale qui fait peur et sème le doute des alliés.

Ceci est un avertissement, donc à prendre au sérieux par la Majorité. Dans les enquêtes d'opinion, les opposants Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe sont présentés comme les candidats les plus dangereux pour le président RD-congolais sortant, Joseph Kabila dont la candidature à sa propre succession s'est déjà confirmée avec la mutation de l'AMP en MP. Pendant que les opposants travaillent à resserrer leurs rangs --Tshisekedi a organisé un buffet à l'honneur de certains bonzes de l'opposition- ou se font recevoir, via Léon Kengo, Vital Kamerhe, Thomas Luhaka et Clément Kanku, par les plus hautes personnalités dans les capitales européennes, au moment où Jean-Pierre Bemba, rassuré de la légalité de tous les actes déjà posés et qu'il peut poser dès lors qu'il n'a pas été condamné, se trouve relancé dans la course, on joue à se torpiller dans le camp de Kabila. Et pour cause : ça dérape dangereusement sur la Loi électorale qui ne met pas d'accord tous les partenaires. « La Majorité va droit vers la catastrophe », analyse un cadre de la MP qui évoque la piste d'un piège tendu au Président par ses propres lieutenants. 

Pendant que l'attention des RD-Congolais est tournée vers la révision du fichier électoral, les politiques de la Majorité présidentielle -MP- continuent leurs dérapages sur certains de leurs alliés. Le débat sur la Loi électorale continue d'alimenter la guerre larvée que se livre les partenaires de la MP. Et pourtant, l'heure de la grande explication Majorité-Opposition arrive. Et personne dans le deux camps n'a droit à l'erreur. Ça semble cependant être le cas dans le camp de Kabila. Face à une opposition qui s'organise de plus en plus, repense ses stratégies, recherche son meilleur joker, la MP est en train de se disperser. Les espoirs suscités avec la mutation de l'AMP en MP cèdent la place au doute, à la frustration. Les gens se le disent en silence: le parti-phare de la coalition, celui- là même qui doit fédérer et rassurer, est curieusement pointé du doigt par certains sociétaires de la MP comme la principale raison de la situation actuelle.

Points de discorde

Le PPRD est traité de parti des mercenaires qui ne pensent qu'à leurs intérêts sans accorder d'importance à la cohésion du groupe et aux chances de réélection de l'Autorité morale. Parti-phare du groupe, le PPRD est accusé de vendre une répugnante image : chacun de son côté et pas d'égalité avec les autres partis membres de la MP. Les relations ne sont pas au beau fixe. On note plusieurs points d désaccord dans la Loi électorale sous examen à l'Hémicycle. Au nombre des points qui fâchent, on note: Primo: les études universitaires comme condition d'éligibilité. La suggestion énerve. Elle pourrait même conduire l'exclusion de la RD-Congo de l'Union Interparlementaire -UIP-, une institution des Nations unies sur les droits des parlementaires du monde qui siège à Genève, en Suisse. Cette structure promeut la présence des représentants de toutes les couches sociales dans les parlements en vue d'encourager les pratiques démocratiques. Ceux qui rejettent cette condition s'en vont même jusqu'à narguer le PPRD en évoquant les performances du self-mademan Moise Katumbi Chapwe à la tête de la province du Katanga, jusqu'à ce jour le plus appliqué de tous les gouverneurs PPRD. Plus que les universitaires placés à la tête d'autres provinces, Katumbi a su se montrer assez imaginatif dans sa manière d'administrer le Katanga. Très modeste, Katumbi lui-même reconnaît qu'il n'a réalisé que 10% de son programme. Mais les résultats en disent long sur l'efficacité de cet autodidacte, un sérieux atout pour Kabila mais qu'on veut exclure du jeu politique. Ces fanatiques du gouv' citent également l'exemple du Brésilien Lula, ce modèle de Vital Kamerhe parti à la retraite après avoir placé le Brésil sur orbite.

Après deux mandats de quatre ans, Luiz Inécio Lula da Silva dit Lula a quitté la présidence du Brésil, laissant derrière lui un pays prospère en plus du fait qu'il a, contrairement aux dirigeants universitaires, refusé d'amender la constitution pour prolonger son bail de quatre ans au Palacio da Alvorada. Lula a marqué sa décennie. Depuis son élection, le Brésil affiche des taux de croissance aux alentours de 5% par an et se classe désormais au neuvième rang des puissances mondiales, derrière la France et devant l'Italie ou le Mexique. Pourtant, cet ancien ouvrier à Volkswagen né dans la favela de Vila Carioca à Sao Paulo, a quitté l'école à 14ans pour s'en aller alterner les petits boulots dont celui de cireur de chaussures ou de vendeur ambulant. Mais il a fait fort en facilitant l'accès au crédit et permis de stimuler la croissance intérieure et de favoriser l'émergence d'une classe moyenne au Brésil. En combinant à cela l'électrification de l'ensemble du territoire brésilien, il a permis de doper l'achat de réfrigérateurs, de téléviseurs etc.. Grâce â cette politique, le Brésil est devenu le troisième marché informatique du globe. La croissance vers le bas, telle a été la ligne directrice de deux mandats de Lula. Ainsi, depuis 2005, 20 millions de brésiliens ont rejoint la classe moyenne et beaucoup sont devenus propriétaires grâce à des avantages fiscaux et des taux d'intérêts bas. Le taux de pauvreté est passé de 38 à 24%, grâce à une politique sociale qui a porté ses fruits. La RDCongo, pays des professeurs, pays d'universitaires, se recherche encore. Dieu seul sait combien d'universitaires ou professeurs d'université prennent la parole lors des débats à l'Assemblée nationale.

Acharnement sur Kinshasa

Le deuxième point de la brouille reste cette tendance à vouloir faire des 24 communes de Kinshasa des circonscriptions électorales et d'imposer le seuil d'éligibilité de 10%. L'on se demande comment dans une commune de 250.000 inscrits un seul parti politique peut s'offrir d'emblée 25.000 voix lors d'une élection réputée d'avance très disputée et dans une ville connue comme hostile à la Majorité. Dimanche 15 mai 2011, Télé 50 a laissé entendre que les 24 communes de Kinshasa deviennent des circonscriptions électorales pendant que l'Assemblée nationale examine encore 1e amendements. Elu de la Funa, à Kinshasa, pour le compte des Forces du Futur et du Camp de la Patrie, Jean-Marie Ingele Ifoto était fou furieux dimanche, a-t-on appris. Mais (lui veut influencer les débats au sein de la Commission PAJ et en plénière? Pourquoi s'acharne-t-on trop sur Kinshasa, une ville où, avec le retour d'un adversaire comme l'UDPS, seul l'allié PALU est capable de faire l'affaire pour le compte de la Majorité? Mais qui donc veut ramener les gens à faire un vote tribal dans la 'capitale au moment où Kabila promeut la méritocratie? «En ayant décidé de frustrer certains de leurs alliés, ces barons de la MP qui veulent à tout prix faire passer leurs idées démobilisatrices travaillent contre les intérêts de Kabila, ils sont en train de conduire la Majorité tout droit vers la catastrophe», pose-t-on. L'homme qui pense ainsi évoque même la piste d'un piège tendu au Président par ses propres lieutenants. Comment ne pas croire à pareille analyse quand l'on dénombre de plus en plus des signaux évidents: les alliés se démobilisent... Les opposants s'organisent. Tshisekedi, présenté dans les sondages comme un des plus sérieux concurrents de Kabila, a réussi à réunir autour de lui, à sa résidence de Limeté, quelques grandes figures de l'opposition. L'autre challenger, Vital Kamerhe, fait avec Kengo, Kanku et Luhaka partie des émissaires de l'opposition dans les capitales occidentales. La semaine dernière, ils ont été reçus en audience par de plus hautes personnalités européennes. Eux seuls détiennent les secrets de ce périple. L'opposition est même renforcée avec la relance de Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC dans la course. Jeudi 12 mai à la faveur d'un point de presse, le bureau de la CPI à Kinshasa a fait savoir que les actes que Bemba pose sont et seront légaux tant qu'il n'est pas condamné. Il y a péril en la demeure. La Majorité déjà avertie de la probable immixtion de la Communauté internationale en cas de doute dans le processus électoral n'a qu'à rectifier le tir si elle ne veut pas se faire hara-kiri. Il se trouve que la Loi électorale est comptée parmi les facteurs - qui doivent garantir la crédibilité des scrutins. Et le rapport de l'ICG n'est pas innocent. Kabila et ses hommes doivent savoir contrer pour- leur propre survie politique.

 


                                                                                                                 AKM

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