Politique : Jean Pierre Bemba Gombo perdu pour les élections de novembre prochain ?

Publié le par nsango04.over-blog.com

JP Bemba, c’est perdu : Les juges en vacances jusqu’au 22 août 2011

 

 

Le Mlc se préparait à accueillir son leader dans l’espoir qu’il pourrait même prendre le départ aux élections de novembre 2011. Cela n’est plus possible avec ce procès qui va à pas de tortue *En plus du rythme lent du procès, l’opération de révision du fichier électoral se clôture sur toute l’étendue du territoire national. Le sénateur Bemba ne se sera pas enrôlé. Il ne sera ni électeur ni éligible. Il pourra bénéficier de l’ouverture de la loi qui veut que les candidats puissent s’enrôler au moment de la présentation de la candidature. *La Cpi n’est pas le seul obstacle à la participation du Mlc aux élections de novembre 2011. D’ici cette date, si le procès que François Muamba a intenté à ce parti politique ne départage pas les parties, ce sera un vrai problème pour les parties d’engager le label Mlc.

 

Le leader du Mlc est aux arrêts à La Haye depuis bientôt trois ans. Le procès proprement dit est loin de commencer. Actuellement, on est à l’étape de l’interrogatoire des témoins. Cette étape du procès avait commencé depuis le début de cette année. On en est encore à l’écoute des témoins à charge. Le procureur Moreno en avait présenté une quarantaine. On en est seulement au 26ème témoin.

Lors de l’audition des témoins, une lueur d’espoir est apparue notamment avec la déposition du juge centrafricain qui avait décidé le non lieu devant le tribunal centrafricain. Les militants du Mlc avaient raison d’espérer dans la mesure où, l’argument de la défense était que conformément à la Convention de Rome qui régit la Cour pénale internationale, on ne peut pas juger une personne deux fois pour les mêmes faits.

Lorsque le juge centrafricain a confirmé devant la Cpi que JP Bemba avait été effectivement poursuivi en Centrafrique et qu’un non lieu avait été décidé pour cause d’insuffisance de preuves sur la participation directe de JP Bemba dans le commandement des troupes du Mlc à Bangui, tout espoir était permis. Mais, le même juge centrafricain s’est repris en disant que si le tribunal centrafricain avait abandonné des poursuites contre JP Bemba, c’était pour des raisons politiques dues essentiellement aux bonnes relations entre la Rdc et la Rca et aussi au fait qu’entretemps, JP Bemba avait changé de statut, devenu vice-président de la République. Evidemment, la défense de JP Bemba rejette cette observation qui n’apparaît, selon elle, nulle part dans la décision du non lieu.

 

Au Mlc, on voyait donc JP Bemba revenir avant les échéances électorales prévues le 28 novembre 2011. Il s’avère que cet espoir est en train de s’envoler pour plus d’une raison. La première est interne en Rdc. Conformément à la loi électorale, ne peut être éligible que celui qui a la qualité d’électeur. Cette qualité s’obtient par l’inscription au fichier électoral. Aujourd’hui, cette opération est en train de se clôturer sur toute l’étendue du territoire nationale. Le leader du Mlc ne se sera pas enrôlé. Par conséquent, les élections sont perdues pour lui. Cependant, dans le cas où il arrivait à être libéré comme l’espère bien son parti politique, il nous revient que la loi laisse une ouverture en permettant que les candidats puissent s’inscrire sur le fichier électoral au moment de la présentation de leur candidature. Pour en arriver là, il faut compter avec Moreno Ocumpo. C’est ce que nous entendons par facteurs extérieurs qui pourraient faire que les élections s’éloignent définitivement du leader du Mlc, le sénateur JP Bemba.

 

Ainsi donc, au plan extérieur, c’est-à-dire suivant le déroulement du procès, il apparait de plus en plus clair qu’il ne sera pas possible que JP Bemba soit libéré à la suite de l’abandon espéré des poursuites. Car, la Cpi ne donne aucun signe qu’elle pourrait abandonner les poursuites contre le sénateur congolais. On voit bien le jusqu’auboutisme de Moreno Ocumpo. Bien plus, la Cpi ne semble pas pressée d’en finir avec ce procès. Elle prend tout son temps. C’est ainsi, apprend-on de bonne source, que le procès est suspendu depuis le lundi dernier.

Les juges ont pris leurs vacances. Ils ne reprendront du service qu’à partir du 22 août de cette année. Encore que le retour de vacances ne rime pas nécessairement avec la reprise du procès. Il est évident que, compte tenu du fait que la défense doit terminer l’audition des témoins à charge avant que l’accusation et la partie civile de leur part auditionnent les témoins à décharge, on en aura pour plusieurs mois encore. Car, la première audition jusqu’au départ des juges en vacances, aura duré 7 mois et seulement la moitié des témoins ont été auditionnés. On s’attend à ce que cette audition prenne autant sinon plus de temps encore. Sauf coup de théâtre, pendant ce temps, la Rdc aura organisé les élections dont les résultats seront connus. Sauf volonté inexpliquée de refuser de regarder la vérité en face, le Mlc ne doit plus compter sur le sénateur JP Bemba. C’est dur, mais c’est la réalité. Il faut faire avec. C’est ce que l’aile François Muamba semble avoir bien compris. Outre le fait que JP Bemba ne pourra pas être disponible pour les prochaines élections, il y a ce procès au TGI de la Gombe, on s’en doute bien, qui est une vraie douloureuse écharde sous le pied de la première force politique de l’opposition congolaise.

Le Mlc, aile Luhaka va-t-il présenter des listes aux prochaines élections ? Cela sera-t-il sans conséquences dans le cas où, avant les élections, le tribunal n’aura pas tranché sur le litige qui oppose le Mlc à son secrétaire général, François Muamba, limogé, ensuite radié, mais qui ne l’entend pas de cette oreille ? Il semble que c’est cela aussi l’Etat de droit que nous appelons de tous nos vœux. On ne peut pas abandonner un procès sans que le plaignant retire sa plainte ou que le tribunal déclare le non lieu. A notre connaissance, François Muamba entend aller jusqu’au bout de ce procès qu’il veut pédagogique pour tous les chefs des partis politiques. De sa part, la partie accusée ne semble pas aussi prendre la mesure des enjeux en laissant le procès s’embourber dans les aléas de la procédure. Par quelle manœuvre le Mlc va-t-il participer aux prochaines élections ? Le parti de JP Bemba serait-il poursuivi par le signe indien ? L’avenir nous le dira.

 

 

Joachim Diana G. / L'Avenir.

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