Politique : Election 2011. Le Président élu sera connu le 6 décembre 2011 prochain.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Elections 2011 : Le président élu sera connu le 6 décembre 2011.

 

Une vue du bâtiment administratif de la CENI, à Kinshasa.

 

 

Le 31 mai 2011 : promulgation de la loi électorale ; du 23 au 27 juillet 2011 : Adoption de l’annexe à la loi électorale sur la répartition des sièges ; le 4 août 2011 : Convocation de l’électorat et inscription des candidats pour l’élection présidentielle et pour la députation nationale ; le 7 septembre 2011 : Publication provisoire de la liste des candidats à l’élection présidentielle et à la députation nationale ; Réception et traitement ; le 17 septembre 2011 : Publication de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle et à la députation nationale ; le 28 novembre 2011 : Election présidentielle et de la députation nationale ; le 6 décembre 2011 : Annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle ; le 20 décembre 2011 : Prestation de serment du président élu.

 

 

Le président de la Commission Nationale Indépendant, CENI, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda a rendu public le calendrier électoral tant attendu. La salle de fêtes de l’Hôtel Sultani dans la commune de la Gombe a servi de cadre à cette manifestation devant plusieurs personnalités. Le Président du Sénat, le Premier ministre, le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques, les représentants de organismes du système des Nations Unies et tant d’autres personnalités parmi lesquelles un parterre de journalistes nationaux et étrangers.

 

On s’attendait à ce que les chefs de partis politiques soient les plus intéressés par ce calendrier. Un peu d’étonnement : on n’a pas eu l’affluence qu’on attendait de leur part. On a eu l’impression que la demande pressante des élections n’est pas accompagnée de la volonté fermement affichée d’aller aux élections. Cela n’a pas empêché la CENI d’aller dans le sens de la clameur politique dans laquelle, tenir les élections dans le délai constitutionnel est vu plus comme une pression politicienne qu’une volonté réelle de voir s’organiser des élections libres, transparentes et démocratiques.

 

Pour arriver au travail présenté au public le samedi 30 avril 2011, la CENI a dû bousculer son indépendance pour consulter la classe politique, la Société civile et les Eglises. Dans son mot de circonstance, Daniel Ngoy Mulunda a rappelé la volonté affichée de son bureau d’organiser les élections conformément à la demande générale. C’est pour cette raison, et en vue de mieux planifier les actions électorales, il a été organisé, en collaboration avec le Pnud Pace et la Monusco, l’atelier de Lubumbashi au début du mois d’avril, a dit le pasteur avant d’ajouter qu’il était question à l’occasion de dégager des défis à relever. Ces défis sont d’ordre financier, de calendrier (délai légal) et communicationnel (par VSAT). (Lire l’intégralité du discours du président de la Ceni à la page 3).

 

A travers le calendrier que la Ceni vient de rendre public, on sent tout son souci de concilier les revendications politiciennes, parfois fantaisistes et le souci de faire les choses bien et dans le délai. Par ce travail, la Ceni a ôté aux frondeurs tout prétexte. Le corps électoral est convoqué quatre-vingt-dix (90) jours avant la fin du mandat du président en fonction. Le président élu sera connu le 6 décembre 2011. Cela permet d’épargner les Congolais de la querelle stérile sur le vide juridique. Sauf fétichisme et idée fixe, lorsque le Chef de l’Etat élu est connu le 6 décembre 2011 pour prêter serment le 20 décembre 2011, on ne peut craindre un vide juridique. Ce qu’on attend de la classe politique, c’est qu’elle aide et accompagne réellement la Ceni à réussir des élections apaisées. Le président de la Ceni en allant auprès de la classe politique sans y être obligé, a inauguré cette collaboration. Plutôt que de se mettre en position de défi, les leaders politiques devront s’impliquer en évitant tout ce qui peut servir d’occasion de jeter de l’huile au feu.

 

On ne se fait aucune illusion avec une opposition qui est très loin de comprendre que la Ceni, voulue indépendante, n’est au service de personne, sinon des élections démocratiques et transparentes. L’élaboration du calendrier a démontré que la révision constitutionnelle non seulement s’imposait, mais méritait de s’étendre sur un peu plus d’articles. Au lieu de fixer la date précise de la prestation de serment, on pourrait dire qu’elle devrait avoir lieu dans les 30 jours suivant la proclamation des résultats définitifs. Comme on le voit, la Ceni a fait son travail. L’application correcte de ce calendrier dépendra aussi bien des bailleurs de fonds que de la classe politique. En ce qui concerne l’élection présidentielle, à moins que les choses changent dans la loi actuellement en examen à l’Assemblée nationale, le bureau de vote se transformant tout de suite après la fin du vote en bureau de dépouillement, on pourra connaître les résultats le lendemain.

 

La Ceni, a rassuré son président, a résolu le problème d’équipement de télécommunication. En ayant les résultats dans le délai, on donnera le temps à la commission de vérifier la conformité des Pv et autres afin de s’assurer qu’il n’y a pas eu tricherie. C’est avec raison que la proclamation des résultats de la députation nationale n’est pas couplée compte tenu du grand nombre de candidats députés, il y aura certainement plus de litiges à régler avant la proclamation.

 

A la lecture rapide de ce calendrier, on a l’impression que le Sénat attendra longtemps pour se mettre en place. Il y a peu choses qui ont changé dans l’espace qui sépare la mise en place de l’Assemblée nationale et celle du Sénat. Car, même aux élections de 2006, le Sénat était la dernière institution à être mise en place dans la mesure où elle est conditionnée à la mise en place des institutions provinciales. Le président de la République, comme d’ailleurs en 2006, restera plusieurs mois sans le gouvernement de la nouvelle majorité devant conduire les affaires de l’Etat. Cette année, en cas de la réélection de joseph Kabila, il continuera à travailler avec sa majorité actuelle jusqu’à ce qu’après l’élection à la députation nationale, se dégage une nouvelle majorité dans laquelle sera issu le nouveau Premier ministre.

 

Il se dégage également l’impression que le processus électoral est trop long. Pour certains, il devrait être question que toutes les élections, des présidentielles jusqu’aux locales se tiennent en l’espace de 2011. C’est irréaliste. En plus, lorsqu’on veut bien faire les choses , rien n’oblige de trop embrasser. Dans beaucoup de pays dont la France, on constate que les locales, même servant de thermomètre pour les législatives et les présidentielles, ne se tiennent pas au même moment. Tout ce qu’on peut demander, c’est qu’après les nationales et les provinciales, on ne perde pas l’entrain pour que se tiennent les municipales et les locales.

 

 

Joachim Diana G / L'Avenir.

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