Environnement : L'ICCN fustige le projet de l'exploitation du pétrole dans le parc national de Virunga

Publié le par nsango04.over-blog.com

 

 

Dans l’une de ses dernières livraisons électroniques, radiookapi.net venait de commenter à propos de la polémique qui existe actuellement entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) en synergie avec les ONG environnementales du Nord-Kivu et la société britannique Soco international qui veut exploiter le pétrole dans le bloc 5 du rift albertin Est de la RD Congo, dans le parc national de Virunga.

 

Ainsi, le site d’exploitation pétrolière querellé couvre une superficie de 7.000 km², allant de Rumangabo, en territoire de Rutshuru jusqu’à Kasindi port au Nord dans le territoire de Beni, en longeant le lac Edouard au cœur du Parc national des Virunga. L’ordonnance présidentielle accordant l’exploration et la production du pétrole dans ce bloc 5 du rift albertin Est de la RDC à l’entreprise Soco International avait été signée par le Chef de l’Etat en juin 2010.

 

La source signale qu’une délégation de cette société séjourne à Goma pour vulgariser son projet, lequel a rencontré des résistances tant de la part de l’Iccn que des Ong locales. En effet, une étude de l’impact environnemental de ce projet sur l’écosystème du parc de Virunga a été menée au mois d’août 2010 par un comité institué par Soco international et le Ministère congolais des Hydrocarbures.

 

Cependant, indique la source, l’Iccn estime pour sa part que le bureau qui a mené cette étude d’impact environnemental n’a aucune expertise. « Les études menées par ce bureau n’étaient pas allées en profondeur pour déterminer les conséquences à court et à long terme de cette exploitation », ont indiqué des responsables de l’ICCN. « Personne ne sait comment ils ont procédé ni quelles ont été les conclusions de cette étude ».

 

Certaines ONG locales affichent aussi leur opposition à ce projet, signale radiookapi.net. Le directeur général adjoint de l’ICCN, India Omari est plutôt favorable à la mise sur pied d’un bureau d’études indépendant pour « ne pas sacrifier les trois quarts du parc menacés par le projet ». Le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku suggère quant à ce, l’organisation d’un forum qui pourra réunir Soco, l’Iccn et les Ong de conservation de la nature à Goma, dans les prochains jours.

 

Toutefois, les résultats de cette étude n’ont pas encore été rendus publics, selon des sources concordantes de la radio onusienne. D’ailleurs, le directeur général Afrique de Soco international, Serge Lescaut a même déclaré, à l’issue d’une séance de vulgarisation du projet auprès des Ong environnementales de Goma, que son entreprise attend que le gouvernement congolais valide les résultats de cette étude pour lancer l’exploitation pétrolière. « Pour l’heure, Soco international n’a pas accès au parc de Virunga », a-t-il affirmé tout en restant optimiste puisque son entreprise dispose d’un contrat d’exploitation acquis sur ordonnance présidentielle.

 

Le projet suscite de l’inquiétude

 

Au cours d’une réunion entre l’Unesco et le gouvernement congolais, la représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’Onu en RDC, Mme Leila Zerrougui avait aussi exprimé son inquiétude sur ce projet qui concerne 60 % de la superficie de cette aire protégée. Elle a invité le Gouvernement à explorer les solutions alternatives, estimant que la mise en œuvre de ce projet affecterait grandement la biomasse du parc, patrimoine mondial de l’Unesco.

 

A propos, le parc des Virunga est le plus ancien parc national de la RDC et d’Afrique. Créé en 1925 et situé au centre du Rift Albertin à l’Est de la RDC, le parc couvre en partie les montagnes des Virunga, près du Rwanda et de l’Ouganda. Il est très riche par sa faune et sa flore. S’étendant sur 790.000 ha, le parc des Virunga présente une diversité d’habitats incomparable, allant des marécages et des steppes jusqu’aux neiges éternelles du Ruwenzori, à plus de 5.000 m d’altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans. La grande diversité des habitats a donné lieu à une biodiversité exceptionnelle, notamment des espèces endémiques et des espèces rares et mondialement menacées comme le gorille de montagne.

 

Lepetit Baende / L'Avenir.

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