Socièté : Ces francs-maçons qui vous gouvernent.

Publié le par nsango04.over-blog.com

Ces francs-maçons qui vous gouvernent

Par François Soudan / Jeune Afrique.
     

Héritage de la colonisation, la franc-maçonnerie a essaimé en Afrique. Parfois accusée de tous les complots par des pouvoirs qui s’en méfient, souvent courtisée par des chefs d’État qui rêvent d’en être, elle fascine autant qu’elle intrigue. Entre secrets et fantasmes, "Jeune Afrique" a mené l’enquête sur l’influence réelle des « frères » sur le continent.

 

Entre mythe et réalité, la franc-maçonnerie a toujours fasciné les Africains, particulièrement au sud du Sahara, là où l’initiation, la cooptation et les rites de passage sont à la base de la vie communautaire. Née en Angleterre au XVIIIe siècle et importée en Afrique francophone dans les cantines des administrateurs coloniaux, la fraternité des « fils de la lumière » fut longtemps au cœur même de ce qu’on appelait la Françafrique. De gauche comme de droite, beaucoup des responsables de la politique africaine de la France étaient francs-maçons. De Blaise Diagne au début des années 1920 jusqu’à Omar Bongo Ondimba – qui fut le plus célèbre des initiés africains –, nombre de personnalités du continent aussi. Entre les uns et les autres s’est tissé un entrelacs complexe de dépendance mutuelle où l’on distingue mal ce qui relève du lobbying, de l’assurance tous risques ou de la spiritualité pure.

Cette relative opacité sur fond de rivalités inter-loges (Grand Orient versus Grande Loge nationale française) tout comme l’étonnant apparat symbolique qui nimbe la science des « frères trois points » ont suscité nombre de fantasmes sorciers allant jusqu’à cette peur du « complot maçonnique » qui hantait Félix Houphouët-Boigny au début des années 1960. Et il est vrai que dans le Gabon d’Omar Bongo Ondimba, tout comme dans la Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié, il était difficile d’être quelqu’un sans « en être » : à Libreville comme à Abidjan, la franc-maçonnerie était à la fois le totem indispensable et le tabou absolu.

 

Qu’en est-il aujourd’hui, à l’heure d’internet, du dépérissement des réseaux incestueux et de l’obligation de transparence ? Si l’on en juge par les réactions que suscitent en France les enquêtes que publient des magazines qui en ont fait un quasi-« marronnier », le sujet est toujours aussi sulfureux – à tort plus qu’à raison sans doute.

Sur le continent, comme on le lira, l’heure est moins que jamais à l’« outing », cet exhibitionnisme de Blancs. Et la fraternité des tabliers, gants blancs, équerres et autres colonnes du temple est plus que jamais une affaire qui marche… 

 

 

 

 

Franc-maçons : les maîtres de l'Afrique

Par Théophile Kouamouo / Jeune Afrique.
 

 

Franc-maçons : les femmes aussi...

 Par Théophile Kouamouo / Jeune Afrique.
 
       

Présentes mais discrètes. Au sein d’une « école philosophique » considérée comme traditionnellement machiste et sur un continent où la « question du genre » fait difficilement son chemin, les « porteuses de tablier » africaines s’efforcent d’exister en dehors des obédiences « régulières », qui n’admettent pas de femmes en leur sein.

 

Les « maçonnes » se retrouvent donc dans celles où la mixité est admise – comme celle du Droit humain –, mais aussi dans les différentes loges créées par la Grande Loge féminine de France (GLFF), qui a ouvert des ateliers dans sept pays du continent. Madagascar dispose même d’une obédience nationale spécifiquement féminine, le Grand Rite malgache féminin. Comme leurs « sœurs » de France, les « maçonnes » africaines se distinguent par leur engagement fort sur certaines thématiques, comme la défense de la laïcité et la promotion des droits des femmes, notamment du droit à l’avortement.

 

 

 

 

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