Actu Monde : Egypte. Tentative des manifestants de rallier l'armée.

Publié le par nsango04.over-blog.com

CORENTIN DI PRIMA, SERGE DUMONT, ;AFP

samedi 29 janvier 2011, 14:12

La colère des Egyptiens demeure intacte, malgré les mesures annoncées vendredi par Moubarak. Des milliers de personnes hostiles au régime manifestent à nouveau. Le couvre-feu est prolongé, l’armée appelle à le respecter. Certains chars ont rejoint les manifestants. De notre envoyé spécial au Caire

En Egypte, les manifestants tentent de rallier l’armée

Les manifestants tentent de sympathiser avec les militaires Que va faire l’armée si la contestation se poursuit ? © EPA

 

 

Des épaves de voitures calcinées en travers des rues, des gravats jonchant le sol, une épaisse fumée noire émanant du siège du parti au pouvoir, des dizaines de commerces saccagés aux vitrines fracassées, Le Caire avait des allures de champ de bataille samedi alors que les manifestants exigeaient toujours le départ du président Moubarak.

Le téléphone partiellement de retour, l’internet pas

Les services de téléphonie mobile étaient partiellement rétablis cesamedi en milieu de matinée, selon des journalistes de l’AFP. L’accès à l’internet, coupé vendredi pour contrecarrer les manifestations hostiles au régime, ne semblait cependant pas avoir été rétabli.

 

La tentative d’apaisement de leur président, Hosni Moubarak, n’a manifestement pas produit les effets escomptés. La mobilisation se poursuit, plus que jamais. Pour les Cairotes, le mouvement est allé trop loin pour s’éteindre sans atteindre l’objectif : ils sont déterminés à faire tomber Moubarak. Ce samedi, comme annoncé par Moubarak la veille, le gouvernement égyptien a démissionné. Mais les manifestants n’entendent pas rentrer chez eux pour la cause.

 

La police, prise pour cible lors des manifestations meurtrières cette semaine, brillait par son absence, de jeunes hommes en jeans assurant la régulation de la circulation. Que va faire l’armée ?

 

L’attitude de l’armée égyptienne, appelée vendredi en renfort de la police débordée, a pris position aux principaux carrefours et près des bâtiments officiels. Elle a tenté un appel au calme, enjoignant le « grand peuple d’Egypte » de « respecter le couvre-feu » et de ne pas se rassembler dans les lieux publics. Signe que la situation reste explosive, le couvre-feu, décrété vendredi soir pour les trois grandes villes du Caire, Alexandrie et Suez, a été prolongé. Par ailleurs, le chef d’état-major est revenu en Egypte ce samedi après avoir écourté une visite à Washington. Samedi, au Caire, quelques chars militaires étaient déployés sur la place Tahrir, et des dizaines d’autres étaient alignés sur la corniche, en face de la télévision nationale. Que vont faire les chars ? Notre envoyé spécial sur place, Serge Dumont, nous décrit une attitude contrastée de l’armée égyptienne. « Elle semble assise entre deux chaises », nous dit-il. « D’une part, certains chars sympathisent clairement avec la foule. D’autre part, les soldats ont la baïonnette au fusil et les unités de combat se tiennent prêtes. »

Incidents

La police, elle, est beaucoup plus agressive », explique Serge Dumont. Selon des témoins cités par l’AFP, des incidents ont eu lieu au siège de la Sûreté égyptienne, à Rafah, et trois policiers auraient trouvé la mort, selon des témoins.

 

Par ailleurs, des pillages ont eu lieu cette nuit. La plupart des magasins du Caire sont fermés ce samedi « Beaucoup de commerçants n’avait pas pu rentrer chez eux vendredi soir, à cause du couvre-feu ou parce qu’ils voulaient manifester », nous explique Serge Dumont. L’AFP relate la mésaventure de ce marchand de vêtements ; « Des jeunes hommes sont arrivés pendant la nuit, ils ont tout détruit. Ils avaient l’air ivres », peste un habitant du quartier. « Il n’y a plus de police, les voleurs se sont échappé des prisons de quartier. Je n’ai jamais vu ça de ma vie », explique-t-il. En périphérie, un supermarché du géant français Carrefour a été pillé ce samedi, selon les faits rapportés par des témoins à l’AFP.

 

Les manifestations, sans précédent sous la présidence de M. Moubarak, ont fait depuis mardi au moins des dizaines de morts et des centaines de blessés à travers le pays. « Le peuple a vaincu sa peur, plus rien ne peut l’arrêter. J’espère seulement qu’il n’y aura pas de pillages », résume Hajjaj, un chauffeur de taxi en se faufilant, cigarette aux lèvres, dans les méandres de la capitale.

 

Le soir.be / Ben BOMPUKU

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